Le médecin de la Suisse
«Nous aurions la même réaction qu'avec Eriksen»

Le malaise cardiaque dont a été victime la star danoise Christian Eriksen fait forcément parler dans le camp de l'équipe de Suisse. Le médecin de la sélection nationale, Pierre-Etienne Fournier, nous raconte la façon dont il aurait traité un tel cas.
Publié: 14.06.2021 à 11:14 heures
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Christian Eriksen a dû être réanimé sur le terrain.
Alain Kunz, Rome

Par chance pour Christian Eriksen, le défibrillateur était prêt à l'emploi aux abords du stade. Dans le cas d'un arrêt cardiaque, chaque seconde compte. C'est d'ailleurs la réaction rapide du médecin de l'équipe danoise et des personnes présentes sur place dans le stade qui a permis de sauver la vie du milieu de terrain de l'Inter de Milan. Comment cela se passerait-il dans un cas similaire avec l'équipe de Suisse?

«Cela n'aurait pas été différent de ce qui s'est passé avec Eriksen, précise Pierre-Etienne Fournier, médecin en chef de l'équipe nationale. Une procédure a été mise en place par l'UEFA. Elle organise des cours afin qu'un médecin de chaque fédération soit formé à la réanimation une fois par an. Celui-ci partage ensuite ses connaissances avec les autres membres du staff.» Le Valaisan précise qu'au niveau national, il y a des cours tous les deux ans avec tous les médecins des différents sélections helvétiques. Les médecins et les physios des club qui le désirent peuvent également participer.

«Comme une voiture»

«Ce qui est arrivé à Christian Eriksen peut arriver à tout moment, précise Pierre-Etienne Fournier. Dans chaque stade, nous sommes soutenus par une équipe de réanimation.» Ce n'est pas le cas lors des séances d'entraînement. Là, le personnel de la sélection doit être capable de réagir par lui-même.

La question se pose de savoir pourquoi un tel arrêt cardiaque a pu survenir malgré les différents examens que les joueurs professionnels doivent subir régulièrement. «Ils sont en effet contrôlés et doivent passer un électrocardiogramme une fois par an, détaille Pierre-Etienne Fournier. Mais c'est comme une voiture. Elle peut avoir toutes les options, avoir une carrosserie au top, des freins parfaits et être bien entretenue, une panne peut toujours arriver. C'est exactement la même chose avec les humains. Stress, chaleur, prédispositions génétiques. On ne peut jamais détecter toutes les vulnérabilités potentielles.»

Le médecin romand de l'équipe de Suisse n'a pas vécu en direct cette mésaventure. Comme le reste de toute la sélection nationale, il était dans l'avion au retour de Bakou après le match face au Pays de Galles. Il a pris connaissance de l'incident en arrivant sur le tarmac de l'aéroport de Rome. À cet instant, Christian Eriksen était déjà sorti d'affaire.

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