Le sport espagnol n’a qu’un seul sujet à la bouche: l’élimination humiliante du Real Madrid en Coupe mercredi soir face à Albacete, pensionnaire de deuxième division. Certes, le Real avait déjà connu trois sorties de route en Copa del Rey contre des clubs de troisième division depuis le début du millénaire. Mais cette fois, le contexte rend la débâcle encore plus piquante: elle survient dès le premier match d’Alvaro Arbeloa sur le banc madrilène.
Le quotidien sportif «Marca», pourtant proche de la Maison Blanche, ne ménage pas son club. «DÉBÂCLE TOTALE», titre-t-il en lettres capitales à sa une de jeudi. Sur son site internet, les formules assassines se multiplient: «Un Madrid honteux», «Le Bernabéu ne pardonnera pas», «Le Real en chute libre».
Après le départ tonitruant de Xabi Alonso, la capitale espagnole tremble déjà à nouveau. Le géant madrilène encaisse trois buts sur la pelouse du 17e de La Liga 2. Même l’égalisation de Gonzalo Garcia dans le temps additionnel, qui semblait offrir un sursis au Real, n’a pas suffi. Le joker Jefté Betancor crucifie Andriy Lunin, remplaçant de Thibaut Courtois, pour la deuxième fois de la soirée et plonge les 17’000 spectateurs de l’Estadio Carlos Belmonte dans l’extase.
Fait rare, même «Real Madrid TV», la chaîne officielle du club, se montre très critique. Elle parle d’un match catastrophique et d’une défaite méritée. «Il n’y a pas d’excuses», tranche le média interne.
Alvaro Arbeloa se porte responsable
Le nouveau coach est lui aussi sous le feu des critiques. Par rapport à la finale perdue de la Supercoupe contre Barcelone – dernier match de l’ère Alonso –, seuls cinq joueurs figuraient encore dans le onze de départ. Plusieurs cadres étaient absents: Courtois, Carvajal, Tchouameni, Rodrygo et Bellingham. Kylian Mbappé ne figurait même pas sur la feuille de match.
Alvraro Arbeloa assume pleinement. «J’en porte la responsabilité, car ce sont mes choix», reconnaît-il. Sans charger ses joueurs: «J’ai vu une équipe qui voulait gagner, qui s’est battue jusqu’au bout. Je ne peux rien reprocher à leur attitude.»
Les Catalans jubilent
Sans surprise, la Catalogne se régale. Gerard Piqué, ancien capitaine du FC Barcelone, ironise sur Twitch, dans la diffusion de sa Kings League: «Bons débuts, 3-2.» Une pique assumée, tant les relations entre Piqué et Arbeloa ont souvent été tendues par le passé.
La presse catalane en rajoute. «La vie continue… ou pire encore», titre «As». «A la rue», peut-on lire en une du «Mundo Deportivo». «L’Esportiu», en catalan, rappelle la récente claque face au Barça: «Ni Coupe, ni Supercoupe».
Même la fédération de Saint-Marin s’invite à la fête. Sur X, le micro-État ironise: «Nous avons appris que vous aviez perdu contre un club de deuxième division. Jouons l’un contre l’autre, nous sommes du même niveau. Nous avons de l’expérience en matière d’humiliation.» Un trait d’humour de plus dans une soirée que Madrid préférera vite oublier.