Il veut rétablir la justice
Breel Embolo: «Jamais je n'ai menacé quelqu'un»

Breel Embolo retrouve Bâle dans un contexte particulier cette semaine. L’attaquant doit en effet se présenter devant la justice dans une affaire qui le poursuit depuis 2018. Tout en essayant de se concentrer sur les deux matches très importants qui attendent la Nati.
Publié: 14:58 heures
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Dernière mise à jour: 15:11 heures
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Breel Embolo s'apprête à vivre une drôle de semaine.
Photo: TOTO MARTI
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

À seulement 27 ans, Breel Embolo en a déjà beaucoup vécu. Le Bâlois d’origine camerounaise, enfant du quartier Gundeldingen devenu star internationale, revient la semaine prochaine dans sa ville. Un retour qui s’annonce chargé en émotions, mais aussi en responsabilités. Sur la pelouse, d’abord: la Suisse entame sa campagne de qualification pour la Coupe du monde 2026 par deux matches à domicile, face au Kosovo puis à la Slovénie. Mais aussi devant les juges: Breel Embolo est convoqué au tribunal d’appel de Bâle pour contester une condamnation datant de 2023, conséquence d’un épisode trouble survenu cinq ans plus tôt dans le centre-ville.

«Je ne peux pas accepter une histoire construite de toutes pièces», a-t-il affirmé ces derniers jours dans les colonnes de la Basler Zeitung. Condamné l’an passé à une peine pécuniaire avec sursis pour menace, l’attaquant de Monaco maintient sa version: il reconnaît une soirée agitée, des mots trop vifs, mais rejette avec fermeté l’accusation d’avoir proféré une menace. «Jamais je n’ai menacé quelqu’un, ni sur un terrain ni dans la vie. Au contraire, je suis plutôt celui qui apaise», insiste-t-il. S’il a choisi la voie de l’appel, c’est avant tout, dit-il, «pour que la vérité sorte enfin».

Il veut être présent en personne à l'appel

Ce rendez-vous judiciaire tombe à un moment-clé. Deux jours seulement avant d’affronter le Kosovo, Breel Embolo sera à nouveau dans le box des prévenus. «C’est mon souhait d’y être présent. Je prends cette affaire au sérieux. Je suis certes footballeur, mais je reste avant tout un homme», explique-t-il, rappelant qu’il n’avait pas manqué volontairement une audience précédente, mais pour raison médicale.

L’affaire n’entame pas son enthousiasme à retrouver le Parc Saint-Jacques. «C’est l’un des plus beaux stades du monde», sourit-il. L’enceinte où il a éclaté au grand jour avec le FC Bâle reste pour lui un lieu à part. «Quand j’y entre, je repense à mes débuts, aux matches de Champions League, aux soirs magiques.» Son attachement au FC Bâle, il ne le cache pas. Interrogé sur une éventuelle fin de carrière dans son club formateur, il répond avec humour : «Le club n’a pas besoin de moi, il est champion! Mais rejouer ici un jour reste dans un coin de ma tête.»

Va-t-il rester à Monaco?

Pour l’heure, sa réalité est ailleurs. Sous contrat jusqu’en 2026 avec Monaco, l’attaquant vit une stabilité rare. «Ma famille se sent bien, je sais ce que j’ai dans ce club», confie-t-il. Reste que le mercato a agité son nom, comme à chaque intersaison. Lui balaie les spéculations: «Je me concentre sur Monaco et la Nati. Le reste n’est que rumeur.»

Photo: TOTO MARTI

Avec la sélection, Breel Embolo occupe une place centrale. Entré dans le conseil des joueurs, nommé troisième capitaine, il incarne désormais plus qu’un simple buteur. «Mon rôle a évolué. J’essaie d’apporter mon expérience et mon état d’esprit positif. Je suis resté le même, détendu, mais plus conscient des responsabilités.» La Suisse, en transition après plusieurs retraites internationales, compte sur lui pour guider une génération rajeunie.

Deux victoires d'entrée, une nécessité

Il sait que le groupe doit marquer des points rapidement. «Il est temps de se mesurer dans une vraie qualification. Tout commence par ces deux premiers matches. On veut démarrer fort», glisse-t-il. L’objectif? Rien de moins que la première place du groupe, synonyme de qualification directe pour la Coupe du monde nord-américaine. «Nous avons gagné du respect au niveau international, mais rien n’est acquis. Il faut confirmer.»

Son attachement au maillot rouge à croix blanche ne souffre d’aucune ambiguïté. Lui qui aurait pu choisir le Cameroun, son pays natal, ne regrette rien. Même pas ce match de Coupe du monde 2022 où, ironie du destin, il a marqué l’unique but face… au Cameroun. «Le moment le plus émouvant de ma carrière. Comme si la vie avait voulu me rappeler mes racines.»

Un passage au tribunal qui pourrait le déconcentrer

À Bâle, Breel Embolo retrouvera ses proches, ses souvenirs, ses supporters, mais aussi un tribunal. Un contraste saisissant, à l’image d’un joueur qui oscille entre la lumière des stades et l’ombre d’une procédure qu’il espère bientôt refermer. «C’est un épisode de ma vie, rien de plus. Mon avenir, je veux le construire sur le terrain, pas dans les salles d’audience», conclut-il.

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