Huit joueurs concernés
Le ramadan chamboule les horaires du Lausanne-Sport

À la lutte contre la relégation, le club vaudois doit s'adapter pour permettre à ses joueurs musulmans de jeuner la journée. Alain Casanova détaille les retombées de ce mois saint pour son équipe.
Publié: 08.04.2022 à 15:23 heures
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Dernière mise à jour: 08.04.2022 à 16:00 heures
Cette semaine, le LS a déplacé ses séances d'entraînement en fin d'après-midi.
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Ugo CurtyJournaliste Blick

Les trois prochaines semaines seront décisives pour le Lausanne-Sport, qui espère encore sauver sa place dans l’élite. «À nous de faire en sorte que le déplacement à Lucerne le 1er mai prochain soit une espèce de finale», se projette Alain Casanova. Samedi, le LS aspire déjà à rapporter au mois un point de son déplacement à Berne (18h).

«Faire preuve de tolérance»

Le sprint final des Vaudois tombe en plein ramadan, mois saint dans la religion musulmane qui implique de jeûner du lever au coucher du soleil. Une pratique qui est un véritable défi quand on est un sportif de haut niveau et qu’on s’entraîne tous les jours. Cela concerne huit joueurs à la Tuilière, soit un quart de l’effectif du LS, dont de nombreux titulaires. La vie de l’équipe s’adapte durant la semaine.

«Nous voulons faire preuve de compréhension et tolérance, explique l’entraîneur Alain Casanova qui a régulièrement vécu ce cas de figure durant sa carrière en France. Nous en avons parlé en séance avec les joueurs concernés. Ils sont nombreux à Lausanne. J’ai aussi cherché conseil et échanger avec des relais importants comme le «Sage» Fouad Chafik et Mory Diaw. Ce sont deux joueurs très respectés dans le vestiaire.»

Le ramadan chamboule les horaires de la première équipe. Durant la semaine, les entraînements n’ont pas eu lieu le matin comme d’habitude. Les séances ont été déplacées à 16 heures. «Le but est de permettre aux joueurs pratiquants de dormir plus longtemps le matin, parce qu’ils se couchent tard puis se lèvent tôt pour manger avant l’aube, poursuit Alain Casanova. En finissant en début de soirée, ils ont aussi moins de temps à attendre jusqu’au repas du soir.»

Pas de jeûne un jour de match

En contrepartie, le staff vaudois demande aux personnes concernées de ne pas jeûner les jours de match. Un arrangement qui est autorisé dans la pratique religieuse, lorsque des raisons professionnelles ou un voyage le nécessitent. Ces journées sont alors reportées à la fin du ramadan, prévue début mai cette année, ou peuvent aussi être commuées sous forme de dons.

«Lorsque j’entraînais en Ligue 1, j’ai fait intervenir un imam pour obtenir son avis», poursuit Alain Casanova. À Lausanne, le technicien français a aussi sollicité l’expertise du Dr. Matthieu Sailly, médecin du club, et de Julien Maison, responsable performance, pour atténuer les répercussions physiques du jeune. «C’est très dur pour les joueurs, rebondit l’entraîneur. Pour être performant, il faut bien s’alimenter, s’hydrater et se reposer. Ce n’est pas anodin de changer ce rythme. Nous essayons de les accompagner, de leur transmettre des conseils et de la documentation.»

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Lors du derby remporté contre Servette (4-1), le ramadan ne faisait que commencer. Le match contre Young Boys ce samedi sera le premier disputé après une semaine complète de jeune pour certains Vaudois. Si plusieurs musulmans du groupe sont indisponibles (pour cause de suspension ou de blessures), il sera intéressant de voir si des titulaires habituels perdront leur place au coup d’envoi.

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