Gianni Infantino fêtera ce 26 février ses dix ans à la présidence de la FIFA. Une décennie à la tête de l’organisation sportive la plus puissante de la planète, depuis Zurich, avec un accent qui n’a jamais renié ses racines haut-valaisannes. Que l'on apprécie ou non son action, le constat s’impose même pour ses détracteurs les plus féroces: sous son mandat, la FIFA a profondément changé de visage.
Guy Parmelin: «La FIFA fait rayonner la Suisse»
Ce constant, Guy Parmelin le partage volontiers. Dans un entretien filmé le 18 février, le conseiller fédéral vaudois souligne l’importance de la FIFA pour la Suisse, tant sur le plan symbolique qu’économique.
«Le football signifie beaucoup pour moi. J’y ai joué à un niveau très amateur avant de devenir arbitre, parce que je me rendais compte que j’étais meilleur dans ce rôle», sourit-il d’abord, rappelant un lien personnel avec le jeu. Puis le ton devient institutionnel: «La FIFA est extrêmement importante pour la Suisse. C’est l’une des plus grandes organisations sportives du monde. Pour notre pays, cela signifie des emplois, des salaires et une visibilité internationale remarquable.»
Guy Parmelin insiste aussi sur l’évolution de l’organisation depuis l’arrivée à sa tête de Gianni Infantino: «La FIFA a continué à se développer, notamment en Afrique et dans de nouveaux pays. C’est essentiel pour que le football prospère à l’échelle mondiale. Et cela est très apprécié dans ces régions.»
Réformes, redistribution et gouvernance: des chiffres qui parlent
Au-delà des perceptions, les données chiffrées éclairent le mandat. Depuis 2016, le programme FIFA Forward a injecté plus de 5 milliards de dollars dans le développement du football au sein des 211 associations membres. Un montant sept fois supérieur à celui de la période précédente. Sans explosion des revenus globaux, une part nettement plus importante est désormais réinvestie directement dans le jeu.
Cette redistribution finance aussi bien les coûts opérationnels des fédérations que des projets concrets: terrains, centres techniques, compétitions, déplacements et équipements des équipes nationales, en particulier pour les associations les plus fragiles. Sans ce soutien, nombre de tournois n’existeraient tout simplement pas.
Le FIFA-gate, un vrai tournant
Le tournant remonte à 2015. Le scandale du «FIFA-gate» a servi d’électrochoc. Depuis, l’organisation a engagé des réformes structurelles profondes en matière de gouvernance et de gestion financière, avec un accent mis sur la transparence. Cette transformation a été reconnue jusque par le Département de la Justice américain, qui a versé 201 millions de dollars à la Fondation FIFA en compensation des pertes liées aux décennies de corruption passées.
La crédibilité retrouvée s’est aussi traduite pendant la pandémie de Covid-19, lorsque la FIFA a mobilisé 1,5 milliard de dollars pour soutenir le football mondial via son plan de secours. Plus récemment, la réforme du système des transferts, avec la mise en place de la FIFA Clearing House, a permis de redistribuer plus de 500 millions de dollars en indemnités de formation, dont 300 millions à près de 7000 clubs à travers le monde.