Samedi 7 mai 2016, King Power Stadium. Leicester City soulève le trophée de Premier League. Le premier titre majeur du club des Midlands de l'Est, créé en 1888. Presque dix ans jour pour jour après avoir émerveillé le monde du football, les Foxes sont au bord du gouffre.
Tombé en Championship au bout de l'exercice 2024-2025, ils s'apprêtent à connaître une seconde relégation consécutive. En League One cette fois-ci, la troisième division anglaise.
Malgré un projet de remontée immédiate
Pourtant, l'équipe de Gary Rowett avait pour ambition initiale de retrouver rapidement la Premier League. Comme elle l'avait fait après une première relégation en Championship en 2023. Les choses ne se sont pas du tout passées comme prévu et Leicester n'a jamais fait mieux qu'une seizième place au soir de la 21e journée.
A trois journées de la fin du championnat, leur sort semble même scellé. Avec 18 défaites en 43 matches disputés en Championship (11 victoires et 14 nuls), Leicester City, qui a connu trois entraîneurs cette saison, se classe 23e et avant-dernier. Le premier non relégable, Blackburn, qui compte un match de plus, se trouve à huit longueurs.
Un centre d'entraînement à plus de 100 millions
Mais comment expliquer cette descente en enfer? Sur le toit d'Angleterre en 2016, le club découvre la Ligue des champions la saison suivante et atteint même les quarts de finale (éliminés par l'Atlético Madrid). En championnat, Leicester City connaît un premier déclassement et se classe douzième. Puis, les Foxes perdent peu à peu les cadres du titre.
N'Golo Kanté, s'en va à Chelsea à l'été 2016, Danny Drinkwater, même destination en 2017, et Riyad Mahrez, à Manchester City en 2018, pour ne citer qu'eux, s'en vont et rapportent gros (36 millions d'euros, 38 et 68). Ils sont remplacés par de jeunes talents (Harry Maguire, James Maddison et Wilfried Ndidi notamment) qui s'intègrent bien au groupe d'anciens composé entre autres par Jamie Vardy et Kasper Schmeichel. Ils finissent à leur tour par remplir les caisses (Maguire est vendu 87 millions à Manchester United) et les Foxes en profitent pour se payer un centre d'entraînement ultramoderne à 120 millions de francs, inauguré fin 2020.
«C'est vraiment douloureux à voir»
La recette fonctionne. Leicester, après son coup de mou et malgré le décès de son propriétaire et président Vichai Srivaddhanaprabha, revient progressivement dans le haut de tableau de Premier League. Après deux saisons conclues à la neuvième place, les Foxes se classent deux fois cinquième et retrouvent l'Europe durant le Covid. Lors de la saison 2021-2022, ils échouent en demi-finale de Conference League face à l'AS Rome. La fortune sourit toutefois en Coupe d'Angleterre en 2021 (victoire face à Chelsea) et en Community Shield au début de l'exercice 2021-2022 (succès face à Manchester City).
Puis, les transferts, autrefois gagnants, n'apportent plus les bienfaits escomptés. Les coûts, notamment la masse salariale, ne sont plus aussi bien maîtrisés. Et survient la fin de l'ère Brendan Rodgers (2019-2023) suivie d'une première relégation lors de la saison 2022-2023 (18e). Avant une brève remontée dans la foulée. Jusqu’à l’effondrement actuel de Leicester, qui a changé dix fois d'entraîneur en trois ans après une longue période de stabilité.
L'instabilité règne désormais et précipite les Foxes dans le mur. «C’est vraiment douloureux à voir», confiait Christian Fuchs, ancien joueur du club, samedi à la BBC. Sur toutes les lèvres pour son conte de fée en 2016, Leicester va maintenant devoir batailler pour ne pas disparaître de la mémoire collective.