Décryptage du phénomène norvégien
«Le point fort de Bodø/Glimt? La maîtrise»

Bodø/Glimt ne surprend plus, il confirme. Derrière l’exploit, un collectif rodé, stable et parfaitement maîtrisé qui bouscule les hiérarchies européennes. L'éclairage de Loris Mettler, le footballeur genevois qui a affronté le champion de Norvège la saison dernière.
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Bodø/Glimt a écarté l'Inter pour se qualifier pour les huitièmes de finale de Champions League.
Photo: IMAGO/ABACAPRESS
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Bastien FellerJournaliste Blick

Exactement 100 jours après avoir mis un terme aux espoirs de l'Italie de retrouver, sans avoir à passer par un barrage, une phase finale de Coupe du monde, la Norvège a une nouvelle fois fait très mal au football italien. Cette fois à l'un de ses clubs, l'Inter, leader de Serie A et finaliste malheureux de la dernière finale de Champions League (battu 5-0 par le PSG).

Face aux Italiens, le modeste Bodø/Glimt s'est imposé 5-2 sur l'ensemble des deux matches. Le club norvégien n'en était d'ailleurs pas à son coup d'essai. La formation qui évolue au-delà du cercle polaire arctique restait effectivement sur quatre résultats retentissants: nul obtenu sur le terrain du Borussia Dortmund (2-2), trois points pris à domicile face à Manchester City (3-1), victoire à Madrid contre l'Atlético (2-1) et succès lors de la rencontre aller de son barrage contre l'Inter (3-1).

Pré-saison réussie pour Bodø-Glimt

D'ailleurs, avant son succès face aux Anglais lors de la phase de ligue, Opta ne donnait que 0,3% de chance aux Norvégiens de Bodø, ville d'un peu plus de 40'000 âmes, de disputer les huitièmes de finale. Mais ils l'ont fait. Cela sans avoir disputé de match de championnat depuis le 30 novembre, puisque l'Eliteserien se dispute de mars à novembre. «Il faut remercier les joueurs d'être prêts dès cette 'pré-saison'. Nous n'avons eu que trois semaines pendant lesquelles nous devions nous entraîner à une intensité suffisamment élevée pour être compétitifs lors de ces matches», a expliqué le coach Kjetil Knutsen, au micro de la chaîne CBS après la rencontre.

La manche aller de son huitième de finale, qui se jouera face à Manchester City ou au Sporting Portugal, fera figure d'ultime rencontre avant la reprise du championnat, fixée au 14 mars, face au Sarpsborg 08. Une semaine plus tard, après le match retour, un Suisse se rendra dans l’antre de 8000 places de la «La Horde Jaune», situé à plus de 1200 kilomètres au nord d’Oslo, où le onze de base est composé de neuf Norvégiens.

«Leur point fort? Leur maîtrise dans tout ce qu'ils font»

«Ils auront eu de jolis matches amicaux», rigole Loris Mettler, Genevois qui évolue à Hamarkameratene depuis cet hiver. Le milieu offensif connaît bien Bodø/Glimt, demi-finaliste de la dernière Europa League, pour l'avoir affronté la saison dernière - et fait trembler ses filets - avec son ancienne équipe de Sandefjord. «Pour moi, leur point fort est la maîtrise de ce qu’ils font. Ça fait des années qu’ils jouent tous ensemble. Leur jeu est peaufiné et s'améliore sans cesse», avance-t-il pour expliquer le phénomène.

Face à l'Inter, les Norvégiens ont concédé lors des deux rencontres le plus de frappes (8-15 et 7-32) et ont largement moins eu la possession du cuir (44-56% et 36-64%). Mais ils n'ont pas tremblé. «Même contre les grandes équipes, ils arrivent à mettre leur jeu en place. Ce qui les rend très dangereux, c’est qu’ils sont capables d’être en bloc bas, de très bien défendre et de contre-attaquer de manière efficace. Et ils sont aussi capables de créer du jeu, de sortir de situations difficiles et de jouer avec des attaques placées. C’est très compliqué de les affronter», détaille l'ancien joueur d'Étoile Carouge.

Le Genevois et ses coéquipiers, en stage à Marbella, où Bodø/Glimt a préparé son match retour face à l'Inter, n'ont pas été surpris devant leur télévision mardi soir. «Après cinq matches de suite, je pense qu’on a compris qu’ils pouvaient faire quelque chose d’intéressant», sourit-il, lui qui espère à son tour créer la surprise lors de la deuxième journée du championnat. «Ça peut être bénéfique pour nous de les jouer après leur huitième de finale retour. Ils vont être focus sur la Champions League, ils vont lâcher beaucoup d’énergie aussi. En championnat, ils peuvent être un peu plus relâchés, étant donné qu’on n’est pas une top équipe du niveau de l’Inter, Manchester City ou autre. C’est là où on pourrait les punir.» À moins que Bodø/Glimt ne frappe encore.

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