En sept points
De Lausanne au Venezuela, Salim Khelifi raconte sa carrière

À 32 ans, Salim Khelifi met un terme à sa carrière professionnelle, freiné par les blessures. De Lausanne au Venezuela, le Vaudois revient sans amertume sur un parcours riche.
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C'est à Lausanne, que la carrière de Salim Khelifi a débuté.
Photo: Keystone
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Bastien FellerJournaliste Blick

«Après mûre réflexion et en raison de mes blessures, j’ai décidé de mettre un terme à ma carrière de footballeur professionnel.» C'est avec ces mots que le Vaudois Salim Khelifi a tourné la page. Formé au Lausanne-Sport, club pour qui il a disputé 76 rencontres, le Vaudois est ensuite passé par l'Eintracht Braunschweig, Zurich, Holstein Kiel, Perth Glory et Melbourne Victory en Australie avant une ultime expérience au Venezuela, à Puerto Cabello.

Le livre se referme à tout juste 32 ans, donc. «Dans ma tête, cela faisait déjà longtemps que j’avais pris cette décision. Je n’ai jamais vraiment eu le cran de l’annoncer», sourit Salim Khelifi, qui explique avoir pris la bonne décision au bon moment. «J’ai un peu d’arthrose à la hanche et ça m’handicape énormément. J’ai de la peine même à courir. Ces six derniers mois, j’ai essayé de faire ma rééducation et de revenir, mais c’était vraiment difficile. Et je pense que la meilleure décision à prendre, c’était d’arrêter, même si c'est difficile.»

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L'ancien ailier vaudois garde malgré tout le sourire, lui qui est accompagné depuis son annonce de mardi par de nombreux messages d'anciens coéquipiers, entraîneurs et supporters. «Je n’aurais jamais pensé en recevoir autant. Ça fait vraiment chaud au cœur.» Retour avec le Bellerin sur sa carrière en sept points. «Le numéro que j'avais au LS, mon préféré.»

Quel a été le plus beau moment de ta carrière?

«J'en ai plusieurs. Mes débuts au Lausanne-Sport, c’est quelque chose que je n’oublierai jamais. J’étais assez jeune, un peu le chouchou du club. J’étais un joueur insouciant, je rentrais sur le terrain juste pour prendre du plaisir. Ça reste un des meilleurs moments de ma carrière. Ensuite, en Allemagne, j’ai vécu des années exceptionnelles avec l’Eintracht Braunschweig. On jouait toujours le haut de classement et on a fait de très belles saisons. J’en garde de beaux souvenirs. Aussi à Zurich, où j’ai eu la chance de jouer l’Europa League. On a atteint les seizièmes de finale, on a joué contre Naples et Leverkusen notamment. J'y ai même remporté un titre de champion suisse. Même si j’ai été longtemps blessé cette saison-là, j’ai quand même pu jouer quelques matchs. Mon aventure en Australie a été exceptionnelle aussi. Tout comme le fait de jouer pour les équipes suisses de jeunes et la sélection tunisienne. Donc c’est plutôt plusieurs moments. Il n’y en a pas un plus grand que les autres.»

Le club et l'adversaire le plus fort que tu as affronté?

«Je dirais le Bayern Munich. On les a joués une fois avec Braunschweig en Coupe d'Allemagne. C’était le Bayern de Lewandowski, Ribéry et Robben. Ils avaient aligné tous les titulaires. Je crois que je n’ai pas touché le ballon de tout le match (rires). Comme joueur, je dirais Ribéry, très impressionnant.»

Le coéquipier le plus fort?

«Pascal Feindouno, à Lausanne. Je n’ai jamais vu un joueur comme ça. Techniquement, il était incroyablement à l’aise. Il était un peu fou sur le terrain, mais footballistiquement parlant, c’est le joueur qui m’a le plus impressionné.»

L’entraîneur le plus marquant?

«Torsten Lieberknecht, que j'ai connu à Braunschweig durant mes quatre années là-bas. Un entraîneur exceptionnel, énormément de passion, très émotionnel. Même si ça n’a pas été facile au début, surtout avec le changement de pays et de langue, il m’a beaucoup aidé à m’adapter. Je lui suis très reconnaissant.»

L’anecdote la plus folle?

«Je dirais celle avec Benjamin Kololli (rires). En Europa League, on joue à Chypre. On marque sur penalty, on va célébrer, et je vois Benji sauter, puis disparaître. Il est tombé dans un trou de deux ou trois mètres derrière un mur. On a dû être plusieurs pour le sortir. Heureusement, aucune blessure. Sur le moment, j’étais choqué, mais avec le recul, c’est assez marrant. La vidéo a fait le tour du monde. On en reparle de tempe en temps.»

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Ton plus grand regret?

«Peut-être ma mentalité. J’ai toujours été très généreux, je pensais beaucoup à l’équipe et pas assez à moi. Au très haut niveau, il faut être un peu plus égoïste, penser aux stats, aux buts, aux passes décisives. Moi, je jouais surtout pour le plaisir. Mais je ne regrette rien, je suis très content de ma carrière.»

Ce que tu as appris pour la vie d’après?

«Beaucoup de choses. Je suis assistant des moins de 17 ans au FC Zurich depuis deux semaines. Je peux transmettre le goût du travail, surtout avec mon expérience en Allemagne, et aussi le plaisir du jeu, le beau geste, qui manque parfois aujourd’hui.»

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