Le FC Lucerne était prévenu en se rendant à Lausanne mercredi soir: son adversaire, très solide, n'allait faire aucun cadeau. La vétusté du stade, la qualité de la pelouse et l'ambiance confidentielle étaient des pièges.
Problème: les paroles de Mario Frick, l'entraîneur du FC Lucerne, n’ont servi strictement à rien. Et ce ne sont pas seulement les observateurs qui l’ont relevé, mais aussi le staff. «Claudio Lustenberger a tenu un discours vraiment fort juste avant le coup d’envoi», explique Mario Frick dans la Luzerner Zeitung.
Résultat? Lucerne livre un véritable début de match cauchemardesque.
Le SLO entre bien mieux dans la partie
Après trois minutes et treize secondes, Théo Barbet peut ouvrir le score sans être inquiété. Et après 17 minutes, Keasse Bah peut à son tour frapper sans opposition, alors que peu auparavant, son coéquipier Vasco Tritten avait déjà eu une occasion. Pascal Loretz a pu repousser la première, mais pas la seconde. Le départ catastrophique était acté.
Visiblement abattu, Mario Frick confie à la télévision alémanique: «Il est difficile de trouver les mots. C’est incroyable la manière dont nous avons entamé ce match, sans aucune tension. Nous n’avons pas pris conscience de l’opportunité qui s’offrait à nous. Nous avons laissé filer la victoire, et donc la qualification pour les demi-finales, avec une incroyable légèreté. »
Le discours du coach passe-t-il encore?
La question se pose désormais: le coach parvient-il encore réellement à toucher ses joueurs? Mario Frick l’a répété à plusieurs reprises ces derniers temps, en ajoutant que, dans le cas contraire, il partirait de lui-même. Mais si les joueurs écoutent vraiment leur entraîneur, un tel début de match ne devrait-il pas être exclu? Une telle «contre-performance», comme la qualifie Mario Frick, ne devrait tout simplement pas exister si tout fonctionne normalement.
«C’est toujours la même chose, se plaint Mario Frick. Chaque fois que nous avons l’occasion de réaliser quelque chose de grand, les nerfs lâchent ou nous ne sommes pas prêts au bon moment. C’est extrêmement frustrant.» Le capitaine Pius Dorn partage ce constat: «Ça commence à me dégoûter d’être toujours éliminé de la Coupe par des adversaires de niveau inférieur», lâche l’Allemand dans la Luzerner Zeitung.
Un «choc des frustrés» samedi à Tourbillon
Dès samedi, un «choc des frustrés» se profile en Valais puisque si Lucerne s’est incliné face à une équipe de division inférieure, Sion a dominé GC pendant 75 minutes avant de se faire éliminer. «Il s’agit maintenant de sortir de la zone de relégation», martèle Mario Frick. Le Liechtensteinois ajoute: «Mais l’épine de cette défaite est déjà profondément enfoncée.»
Le danger principal se nomme GC. Un GC visiblement métamorphosé. Ceux qui ont vu avec quelle mentalité impressionnante les Zurichois, emmenés par leur nouveau leader Michael Frey, ont renversé Sion après avoir été menés 0-2 et 2-3, ne peuvent qu’être impressionnés. Tout l’inverse du FCL, qui n’a remporté qu’un seul de ses dix derniers matches de Super League et accuse déjà neuf points de retard sur le top 6.
Si la débâcle en Coupe n’est pas suivie d’un sursaut à Tourbillon, le match de mardi prochain contre GC au Letzigrund s’annonce comme l’épreuve de vérité absolue pour Mario Frick. S'il est encore sur le banc...