Luis Suarez jette de l'huile sur le feu
«Ce n'est pas moi qui ai raté le penalty»

Douze ans après l'élimination cruelle du Ghana face à l'Uruguay, les deux équipes s'affrontent à nouveau vendredi (16h) dans un duel décisif au Mondial 2022: l'occasion tant attendue par les Ghanéens de se venger de Luis Suarez, coupable d'une main grossière ce jour-là.
Publié: 02.12.2022 à 15:22 heures
Douze ans après, personne au Ghana n'a oublié la fameuse main de Luis Suarez, en quarts de finale du Mondial sud-africain.

En quarts de finale du Mondial 2010, le joueur de la Céleste avait brisé les rêves des «Black Stars» de la plus cruelle des manières, en stoppant le ballon sur sa ligne de but d'une main volontaire dans les derniers instants de la deuxième prolongation.

Pire encore: expulsé, Suarez avait exulté lorsque le Ghanéen Asamoah Gyan avait raté le penalty qui avait suivi. L'Uruguay l'avait finalement emporté aux tirs au but, à la fin d'un duel de légende.

«Je ne vais pas m'excuser aujourd'hui d'avoir pris le ballon de la main (ndlr: ce jour-là), et puis c'est le joueur ghanéen qui avait raté le penalty, pas moi», a déclaré en conférence de presse Suarez, qui avait été érigé en héros dans son pays pour sa roublardise.

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«Vous ne pouvez pas sans cesse ressasser», a ajouté l'attaquant uruguayen, qui avait en tout cas brisé le cœur de toute une nation. Et quoi qu'en disent aujourd'hui les «Black Stars», au Ghana, le temps n'a pas fait son œuvre.

«Il pleurera vendredi»

«Nous n'avons jamais pardonné à Suarez, lance à l'AFP le parlementaire ghanéen Collins Adomako-Mensah. Il doit s'attendre à des étincelles de la part de nos garçons. Tout comme nous avons pleuré il y a douze ans, il pleurera vendredi.»

D'autant qu'en l'emportant contre l'Uruguay, le Ghana aurait pu devenir la première sélection africaine en demi-finales d'un Mondial. L'occasion sera donc belle vendredi à 16h (heure suisse) au stade al-Janoub de Doha de se venger de la main mémorable de Suarez dans le dernier match de poule du groupe H où les deux équipes jouent leur avenir.

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«Tout le monde s'est senti mal (ndlr: en 2010), mais moi, je veux juste passer à l'étape suivante, a assuré au Qatar le capitaine André Ayew, seul parmi les 26 joueurs ghanéens qui était déjà là au Mondial en Afrique du Sud. Je ne regarde pas en arrière, je ne veux pas me focaliser sur le passé.»

«Luis Suarez? On s'en souvient tous»

Son sélectionneur, Otto Addo, a également tenté de tempérer les choses en conférence de presse: «Ce sera une approche différente contre une équipe difficile. On devra être au mieux pour espérer les battre, mais j'ai confiance. Cet incident remonte à longtemps, et on ne doit pas forcément y penser en termes de revanche.»

Mais dans la capitale, Accra, difficile d'oublier cette triste défaite de juillet 2010. «J'ai détesté ce jour», se remémore difficilement Samuel Quist, 36 ans, en achetant un maillot de son équipe en prévision du match de vendredi. «On s'attendait à faire la fête, mais on a pleuré dans les rues», ajoute-t-il.

Un autre supporter des «Black Stars», Philip Sheshe, 32 ans, ne veut plus penser à cette défaite. «Luis Suarez, on s'en souvient tous. Ce jour-là, le ballon devait entrer dans le filet, mais il a utilisé sa main», souffle-t-il devant un magasin de maillots du Ghana.

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Pour leur quatrième participation à une Coupe du monde, les «Black Stars» pourront-ils sortir des poules et rééditer l'exploit des précédents Mondiaux? Ils avaient atteint les 8es en 2006 et, donc, les quarts en 2010.

L'Uruguay n'a pas son destin entre ses mains

Grâce à sa victoire contre la Corée du Sud (3-2) dans un match à rebondissements, le Ghana (2e, 3 points) est assuré de se qualifier s'il l'emporte contre l'Uruguay (4e, 1 point).

Les hommes de la Céleste n'ont en revanche pas entièrement leur avenir en main: ils doivent s'imposer contre le Ghana et espérer que la Corée du Sud (3e, 1 point) ne l'emporte pas contre le Portugal (1er, 6 points), auquel cas d'autres critères entreraient en jeu pour déterminer qui sortira deuxième de la poule.

Dans tous les cas, Philip Sheshe, à l'image d'une majorité de Ghanéens, promet un match relevé et n'a qu'une hâte, comme beaucoup dans la capitale: assister à la «revanche vendredi».

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