Agitation à l’Association suisse de football (ASF)! Une participation à un grand tournoi masculin représente habituellement une source de revenus essentielle. La Coupe du monde 2022 a ainsi généré 17 millions de francs de recettes brutes pour l’ASF. Au final, le bénéfice net s’élevait encore à 2,5 millions.
Mais en 2026, le scénario pourrait être tout autre. Sans solution rapide, la prochaine Coupe du monde menace de se solder par un déficit. Interrogée par Blick, la fédération confirme: «Ce scénario est réaliste. C’est pourquoi nous avons fait part de nos préoccupations lors du congrès de la FIFA à Bruxelles.»
Le Mexique exonère d’impôts, les États américains non
La Suisse n’est pas la seule à s’inquiéter. Selon le journal britannique The Guardian, environ neuf autres fédérations européennes ont également interpellé la Fédération internationale sur cette question.
Le problème vient de la fiscalité américaine. Traditionnellement, la FIFA exige des pays hôtes qu’ils accordent une exonération fiscale aux participants à la phase finale. Le Canada et le Mexique ont introduit une telle disposition. Les États-Unis, en revanche, ne l’ont pas fait.
Concrètement, les équipes disputant leurs matches sur sol américain devraient donc payer des impôts sur leurs revenus liés au tournoi. Cela concerne aussi bien les primes que les revenus générés par les accompagnateurs. Particularité supplémentaire: aux États-Unis, l’imposition varie d’un État à l’autre.
Rentable seulement à partir des quarts ?
Cette situation, combinée au niveau élevé des coûts sur place, pourrait produire un paradoxe. D’un côté, la FIFA distribuera un montant record de 727 millions de dollars de primes et prendra en charge l’hébergement et la restauration de 50 personnes par délégation. De l’autre, la Suisse devrait probablement atteindre au minimum les quarts de finale pour que sa participation devienne financièrement positive.
À cela s’ajoute une inégalité évidente: les équipes qui jouent au Canada ou au Mexique ne paieront pas d’impôts sur leurs recettes et conserveront donc une part plus importante de leurs primes que celles évoluant aux États-Unis.
Si rien ne change, il s’agirait d’une inégalité de traitement manifeste entre participants à une même compétition. Selon les informations de Blick, la FIFA a promis aux fédérations européennes de chercher une solution.
Reste à savoir ce que vaut réellement la relation affichée entre le président de la FIFA, Gianni Infantino, et le président américain Donald Trump. La FIFA a été invitée à prendre position.