Surprise en découvrant la feuille de match du FC La Chaux-de-Fonds ce week-end: voilà le nom de Christophe Caschili qui réapparaît au poste d’entraîneur, huit ans après son départ de la Charrière. De 2013 à 2018, le Français avait fait monter le club neuchâtelois de la 2e ligue inter à la Promotion League, le quittant sur deux maintiens d’affilée.
Ce samedi, «La Tchaux», avec son entraîneur intérimaire, s’est imposée 2-0 face à Sion M21 et a pris un (tout petit) peu d’air sur la zone de relégation, avec deux points d’avance sur la barre. Mais pourquoi et comment le Français de 46 ans s’est-il retrouvé sur le banc du FCC, à cinq matches de la fin de la saison, lui que l’on imaginait plutôt à la tête d’une équipe professionnelle?
Christophe Caschili, vous voilà de retour…
Oui, et je dois dire que c’était également très inattendu pour moi. J’ai reçu un coup de téléphone voilà peu, me demandant un rendez-vous pour discuter. Evidemment, j’ai demandé plus de précisions et j’ai vite compris qu’il y avait un souci avec Antonio Baldi. Mais pas le genre de souci que l’on attend dans une équipe en danger de relégation, quelque chose de bien plus important.
De quel ordre?
Sa situation personnelle ne lui permettait plus d'être pleinement concentré sur le football, ce qui est compréhensible. Les responsables du club et lui m’ont exposé la situation et m’ont demandé si j’étais d’accord de reprendre l’équipe pour finir la saison. J’ai été touché par la situation, mais j’ai quand même demandé un temps de réflexion.
Et alors?
C’est allé très vite. Le lendemain matin, je me réveillais et je me suis dit: «Christophe, quel genre d’être humain tu serais si tu refusais?» Je suis sans club actuellement et un collègue traverse une situation personnelle difficile. Je ne pouvais pas refuser. Moi qui parle tout le temps à mes joueurs de valeurs humaines, c’était évident que je devais dire oui, ne serait-ce que par cohérence envers moi-même. J’ai rappelé et j’ai dit que j’étais à disposition du 1er au 31 mai pour les aider. Si le club était sauvé, ils auraient pu terminer la saison comme ça. Mais là, il y a un objectif clair et pendant un mois, je mets toutes mes compétences au service du club et des joueurs.
Vous n’avez pas peur pour la suite de votre carrière? Vous êtes sans emploi depuis dix-huit mois. Imaginons que vous soyez relégué… Le CV en prendrait un coup, non?
Comme vous l’avez compris, je ne suis pas dans une démarche individuelle. Après vingt-quatre années de carrière, ce genre d'intérim ne définit pas un parcours. On parle de quelque chose qui dépasse le cadre du football.
Et pour la suite?
Je ne comprendrais pas comment un mois pourrait remettre en question tout mon parcours.
On vous imaginait plutôt sur le banc de Xamax ces derniers jours… Vous avez été contacté?
Oui. J’ai eu des entretiens avec Tiziano Sorrenti et Pascal Oppliger. Le feeling est très bien passé et mes modèles de fonctionnement et de jeu semblaient leur correspondre. Xamax a finalement fait un autre choix, cela fait partie du métier.
Comment vivez-vous cette période sans club?
La vie d’entraîneur est rythmée par les matches, les entraînements, les séances vidéo. Lorsqu’on est sans club, le rythme n’est pas le même. Je travaille toujours beaucoup, mais d’une manière différente. J’analyse énormément de matches, de tous les championnats. J’observe également les arbitres, leur communication, leur préparation, pour essayer de mieux les comprendre. J’apprends également l’allemand. Je fais en sorte d’être prêt. Je dois vous avouer que le terrain, la compétition, les échanges avec mon staff et les joueurs me manquent.
Avez-vous eu des contacts ailleurs qu'en Suisse?
Oui, en France, en National et National 2, mais ils n’ont pas abouti. Je reste patient et convaincu que mon travail, mes compétences et mes valeurs me permettront de retrouver un projet ambitieux.