«C'est un scandale»
Le prix de la Ligue des champions à la télé fait grincer des dents à Berne

À partir de 2024, la Ligue des champions sera de retour sur les chaînes de la SSR. Blick vous explique les détails de ce contrat, qui soulève des questions dans la Berne fédérale.
Publié: 16.02.2023 à 16:01 heures
La Ligue des champions sera de retour sur la RTS.
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Matthias Dubach et Sermîn Faki

C'est un coup de tonnerre dans le monde télévisuel qui a retenti la semaine dernière. La Ligue des champions fera son retour sur la RTS à partir de 2024 avec un match en direct le mercredi. La chaîne payante Blue continuera de diffuser toutes les parties en direct. De même, la RTS pourra diffuser les moments forts des trois compétitions européennes à partir de 23h.

Mais chiper les droits à CH Media et ses chaînes 3+ et TV24 est un plaisir coûteux. Selon nos informations, le groupe SRG-SSR devrait avoir déboursé plusieurs dizaines de millions de francs pour ce package incluant l'Europa League et la Conference League. À cela s'ajoutent les coûts des émissions en direct en trois langues. Ce poste devrait à lui seul engloutir environ 1,5 million.

Les politiques s'interrogent sur l'utilisation de l'argent de la redevance

Cela fait bondir les politiques. En particulier ceux qui récoltent actuellement des signatures pour l'initiative SSR. Cette dernière veut que la redevance radio et télévision soit réduite de 335 à 200 francs par an. «C'est un scandale ce que la SSR fait ici avec l'argent de notre redevance», s'insurge le conseiller national UDC Gregor Rutz.

Selon le Zurichois, le service public consiste à offrir ce que le reste du marché ne fournit pas. «Ce n'est définitivement pas le cas pour les droits de la Ligue des champions, car il y avait un privé intéressé, CH Media.»

Selon les informations de Blick, CH Media aurait été ouvert à un compromis: sur les antennes du groupe de médias argoviens les matches internationaux, sur la RTS les matches avec des clubs suisses. Mais la SSR n'aurait voulu acheter que l'ensemble du paquet. Et ceci provoque l'incompréhension de Gregor Rutz: «Il est totalement idiot que la SSR surenchérisse face à un privé avec l'argent de la redevance.»

Matthias Müller, président des Jeunes libéraux-radicaux et coprésident de l'initiative SSR, qualifie également cet achat de «totalement incompréhensible». «Tout l'argent de la redevance que la SSR a dépensé ici manque maintenant dans d'autres endroits, qui seraient vraiment utiles pour le service public.»

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«Cela correspond au mandat de la SSR»

Le plaisir coûteux du football peut également avoir des conséquences sur les programmes. D'autres sports comme la Formule 1, la MotoGP ou le tennis vont-ils être supprimés ou réduits dans l'ère post-Federer?

Roland Mägerle, directeur de SRF Sport et de la Business Unit Sport de la SSR, élude les exemples concrets et évoque le Championnat d'Europe de football jusqu'en 2028, les matches de la Nati ainsi que le ski et les sports d'hiver. «La SSR s'est assurée la majeure partie des droits de diffusion à moyen et long terme. Les chaînes de la SSR continueront à couvrir toute l'étendue de l'actualité sportive. Cela correspond au mandat de la SSR de proposer dans toute la Suisse une offre sportive variée au grand public.»

Mais la RTS va-t-elle vraiment obtenir le match phare du mercredi? «Les rencontres en direct de la SSR sont définies dans le cadre d'un processus de sélection commun entre la SSR et Blue Sport», précise Roland Mägerle. En revanche, si un club suisse dispute la Champions League le mercredi, ce match est diffusé de manière obligatoire sur la RTS.

En raison de la grande réforme du mode de fonctionnement de la Ligue des champions à partir de 2024, les chances des clubs helvétiques de se qualifier restent d'ailleurs intactes et seront même légèrement meilleures qu'aujourd'hui.

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