Après l'élimination de la Nati
Le football féminin helvétique est en danger

La Nati a fait ses adieux à la Coupe du monde avec une lourde défaite. L'Espagne lui a montré ses limites sans ménagement. Cela doit être un rappel à l'ordre, écrit Christian Finkbeiner, spécialiste du football pour la version alémanique de Blick.
Publié: 06.08.2023 à 11:34 heures
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Dernière mise à jour: 06.08.2023 à 12:17 heures
Des Suissesses désabusées. Il n'y avait rien à faire contre les Espagnoles. Et maintenant?
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Christian Finkbeiner

Vendredi, Inka Grings a parlé de leçon à propos de l'échec de l'Allemagne au premier tour. C'est ce que la Nati a aussi obtenu le lendemain à l'Eden Park d'Auckland, qui affichait complet. Au lieu d'écrire l'histoire du sport et de devenir la première équipe nationale suisse depuis 1954 à se qualifier pour les quarts de finale de la Coupe du monde, elle a pris le chemin du retour dimanche avec un échec amer dans ses bagages.

Mais contrairement à la défaite 6-1 de l'équipe nationale masculine au Qatar contre le Portugal, il ne s'agit pas d'un accident. La différence élevée affichée sur le panneau des scores correspond à la réalité. L'écart avec l'élite s'est creusé et peut-être même plus que beaucoup ne le pensaient. En effet, les joueuses qui évoluent dans le championnat suisse - qui n'est pas professionnel - ont atteint leurs limites. Alors que tous les cadres espagnols sont des professionnels, près de la moitié de l'équipe nationale suisse travaille à temps partiel. On ne peut pas faire de reproches à ces joueuses.

Toutes les personnes pour qui le football féminin compte en Suisse sont maintenant appelées à agir. L'ASF, les associations régionales, les clubs, les anciennes joueuses, les sponsors. Il faut des investissements à la base, au sommet, mais aussi dans la politique. Grâce au championnat d'Europe à domicile dans deux ans, ceux-ci devraient être possibles.

Le tournoi de Down Under le montre: d'autres pays ont rattrapé ou même dépassé la Suisse. Malgré sa qualification pour les huitièmes de finale, la Nati risque de rater le coche à moyen terme. Les paroles ne suffisent donc plus. Sans cela, le match contre l'Espagne pourrait être la dernière grande apparition de la Suisse lors d'une Coupe du monde pendant longtemps. Un fait qui serait particulièrement dur à encaisser.

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