Il risque d'en faire des cauchemars pendant de longues nuits. Le gardien de Tottenham, Antonin Kinsky, a vécu une soirée horrible sur la pelouse de l'Atlético Madrid, mardi en huitièmes de finale de la Ligue des champions (5-2). A tel point que son entraîneur l'a sorti après 17 minutes de jeu. Une pratique courante quand rien ne tourne rond au hockey sur glace. Mais pas au football.
«C'est vraiment quelque chose de très rare, a confirmé Igor Tudor, coach des Spurs. En quinze ans de carrière d'entraîneur, je n'ai jamais fait cela.» Son équipe était déjà menée 3-0 par les Colchoneros. Le technicien a ensuite justifié son choix: «C'était nécessaire pour préserver le joueur, préserver l'équipe. C'est une situation incroyable.» Le portier tchèque est retourné directement aux vestiaires, sous les applaudissements moqueurs du public local.
«Antonin est un très bon gardien»
Habituellement No 2 dans la hiérarchie des gardiens du club londonien, Antonin Kinsky avait été préféré à Guglielmo Vicario pour donner un coup de fouet à son équipe, seulement 16e de Premier League et qui restait sur sept matches sans victoire. Cela n'a pas du tout porté ses fruits. «Je crois que c'était la bonne décision avant le match, dans la période dans laquelle nous sommes, s'est défendu Igor Tudor en conférence de presse. C'est facile de dire après coup que c'était un mauvais choix. Mais Antonin est un très bon gardien, un super gars. Ce sont des erreurs qui peuvent arriver pour un gardien, et malheureusement elles sont arrivées dans un grand match.»
Le portier de 22 ans porte une énorme responsabilité sur deux des trois buts marqués par les Madrilènes dans le premier quart d'heure. A la 6e minute, le Tchèque glisse au moment de dégager le ballon dans sa propre surface de réparation. Marcos Llorente en profite pour ouvrir le score pour l'Atlético. Neuf minutes plus tard, alors qu'il n'est pas sous pression, le malheureux relance directement sur Julian Alvarez, qui ne se fait pas prier pour enfoncer le clou. Antonin Kinsky reste allongé au sol, la tête entre les mains. Tottenham ne s'en relèvera pas.
Les deux boulettes de Loris Karius
Deux erreurs aussi graves en Ligue des champions ne sont toutefois pas une première. En 2018, lors de la finale de la C1 entre Liverpool et le Real Madrid, Loris Karius avait également vécu une soirée cauchemardesque. Coupable de deux boulettes, il avait précipité la défaite des Reds (3-1), suscitant la colère des fans. A tel point qu'il avait reçu des menaces de mort. Et sa carrière en avait été fortement perturbée.
Dans une interview accordée à Sport Bible, Loris Karius avait affirmé qu'il avait «eu du mal à s'en remettre». Le début d'une descente aux enfers. «À partir de là, les choses se sont dégradées, étape par étape. Tout ce que je faisais était scruté. C'était tellement extrême.» Malgré son jeune âge, Antonin Kinsky arrivera-t-il à s'en remettre?