Masturbation féminine
À cause des sextoys, elles peinent à jouir avec les mecs

D'après un sondage mené par la marque Womanizer, les femmes s'octroient davantage de plaisir en solo. Alors, le fait de réussir à atteindre le 7e ciel en deux-deux sans personne d'autre peut-il en amener certaines à être déçues des relations à plusieurs? Décryptage.
Publié: 23.06.2022 à 16:07 heures
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Dernière mise à jour: 23.06.2022 à 18:08 heures
En 2020, Womanizer a lancé la Journée internationale de la masturbation égalitaire.
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Valentina San MartinJournaliste Blick

Les femmes se lustrent vachement plus la moule en 2022 qu’en 2021. C’est ce que révèle une enquête réalisée par la marque allemande Womanizer à l’occasion de la Journée internationale de la masturbation égalitaire, qui a lieu en ce jeudi 23 juin.

En savoir plus sur l'étude de Womanizer

Lancée il y a deux ans par la marque allemande Womanizer, la Journée internationale de la masturbation égalitaire a pour but d’attirer l’attention sur l’écart des pratiques sexuelles en solo entre les femmes et les hommes. L’idée est aussi, bien entendu, d’encourager la gent féminine à explorer son corps et cultiver son plaisir.

Cette année, l’enquête a rassemblé un échantillon de 22’315 personnes dans quinze pays différents, dont la Suisse. Les résultats sont clairs: si l'on considère que les hommes le font depuis le début de l’année, c’est à partir du 23 juin 2022 que les femmes commencent à se masturber. L’écart entre genres dans cette pratique est ainsi passé de 62% en 2021 à 47% en 2022: en 2021, cette journée symbolique dédiée à la masturbation avait lieu le 13 août. Elle a huit semaines d’avance cette année.


Lancée il y a deux ans par la marque allemande Womanizer, la Journée internationale de la masturbation égalitaire a pour but d’attirer l’attention sur l’écart des pratiques sexuelles en solo entre les femmes et les hommes. L’idée est aussi, bien entendu, d’encourager la gent féminine à explorer son corps et cultiver son plaisir.

Cette année, l’enquête a rassemblé un échantillon de 22’315 personnes dans quinze pays différents, dont la Suisse. Les résultats sont clairs: si l'on considère que les hommes le font depuis le début de l’année, c’est à partir du 23 juin 2022 que les femmes commencent à se masturber. L’écart entre genres dans cette pratique est ainsi passé de 62% en 2021 à 47% en 2022: en 2021, cette journée symbolique dédiée à la masturbation avait lieu le 13 août. Elle a huit semaines d’avance cette année.


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À première vue, on pourrait se dire: «Super nouvelle, la masturbation féminine devient de moins en moins taboue.» Oui, sauf que certaines femmes pourraient ainsi peiner à trouver du plaisir autrement qu’en solo ou qu’avec un sextoy...

Le Womanizer: une dépendance?

Marie* a acheté le célèbre Womanizer il y a trois ans pour la modique somme de 250 francs. Le jouet a largement fait parler de lui et en a séduite plus d’une. Sa particularité: il envoie de l’air pulsé et fait ainsi office de parfait stimulateur clitoridien. «Franchement, c’est un sextoy révolutionnaire, il est trop bien parce qu’il y a vraiment cette sensation de succion», confie la jeune femme de 28 ans à Blick. Problème: après cette acquisition, Marie a eu de la peine à trouver du plaisir lors de ses rapports. «Comme le Womanizer permet d’arriver très vite à l’orgasme, je m’y suis habituée et je pense que les sensations autres, comme celles avec la langue ou les doigts, me faisaient moins d’effet. Mon Womanizer a fini par se casser et je n’ai pas voulu en acquérir un autre.»

Alors, peut-on vraiment être accro à un simple sextoy? Contactée par la rédaction, Aline Tatone, thérapeute de couple et sexologue explique qu’une utilisation fréquente de jouets sexuels peut effectivement induire quelques déceptions, une fois qu’on décide d’avoir du plaisir sans. «Je reçois des hommes mais aussi des femmes qui se sont habituées à des stimulations puissantes via des sextoys et qui éprouvent des difficultés à avoir du plaisir autrement. Dans ces cas-là, je conseille d’essayer de les utiliser moins souvent, histoire de pouvoir apprécier d’autres formes de touchers et d’excitation.»

Les mecs ne sont pas donneurs d’orgasmes

Qu'en est-il lorsqu’on est dans la position de la personne qui n’arrive pas à donner du plaisir jusqu’au bout lors d’un rapport sexuel? «Il m’est déjà arrivé d’être face à une femme qui savait parfaitement comment atteindre l’orgasme seule. Mais je ne pense pas que c’était dû à l’utilisation d’un sextoy. Elle avait simplement un savoir-faire presque mécanique», raconte Luca*, 30 ans également joint par téléphone.

Si le jeune trentenaire considère que la conquête individuelle de l’orgasme est un outil d’émancipation féminine, il note également que cela peut, dans certains cas, séparer les gens: «Je pense qu’il y a un problème lorsqu’on aborde la jouissance d’un point de vue utilitariste, voire productiviste, et qu’on est focalisé sur son petit plaisir personnel au dépens de l’autre. J’aimerais aussi préciser que l’on peut retrouver ça partout, indépendamment de l’orientation sexuelle, du genre ou de l’expression de genre.»

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Pour Aline Tatone, il faut absolument venir à bout de l’idée selon laquelle l’homme sait exactement comment donner du plaisir à une femme. «Penser que c'est l’homme qui donne un orgasme à la femme ou que c’est lui le garant actif d’un rapport, est une idée préconçue totalement patriarcale et hétéronormée. En principe, c’est la femme qui va chercher son orgasme, et c’est parfaitement ok. L’homme n’est pas en échec pour autant», précise la spécialiste.

La masturbation et les jouets: des alliés

L’experte ajoute que le point central du débat n’est pas l’objet sexuel en soi, mais plutôt ce que l’on recherche dans un rapport sexuel. «Il y a plusieurs manières d’avoir des relations. On peut vouloir quelque chose de très sexuel, où l’orgasme est pensé comme une finalité. Dans ce cas, le sextoy est un accessoire tout à fait intéressant et on peut aussi se masturber pour arriver au plaisir ultime. Sinon, on peut aussi adopter une vision plus partagée, plus métaphysique où la découverte de l’autre est de mise.»

Finalement, tant mieux si les femmes explorent leur corps à l’aide de leurs doigts ou d’un jouet. «Encore aujourd’hui, beaucoup de gens ne connaissent pas bien leur anatomie», précise la sexologue, avant d’ajouter que de nombreuses femmes qui la consultent n’arrivent pas à atteindre l’orgasme. Ce qui est important, c’est d'apprendre à se connaître, de cultiver la découverte et surtout, de se mettre d’accord sur ce que l’on attend d’un rapport.

*Noms connus de la rédaction

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