Slash est de retour
«Chez Gibson, je suis entre de bonnes mains»

Le guitar hero de 56 ans sort «4» avec Myles Kennedy and The Conspirators. Pour Blick, il parle de cet album, de sa vision d'internet et du rock. Il dit aussi que dans le doute... il faut choisir une Les Paul!
Publié: 11.02.2022 à 15:33 heures
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Dernière mise à jour: 11.03.2022 à 15:14 heures
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Slash (au c.), avec Myles Kennedy and The Conspirators.
11 - Caroline Piccinin - Journaliste Blick.jpeg
Caroline Piccinin

On ne présente plus Slash, iconique guitariste au chapeau haut-de-forme. De ses mythiques solos avec les Guns N’Roses (dont nous ne pouvions parler lors de notre coup de fil) à ses riffs acérés en solo ou avec Myles Kennedy and the Conspirators, le rockeur de 56 ans est de retour avec «4», dix ans après «Apocalyptic Love», le premier album de la bande.

Un album signé chez Gibson Records, label tout frais de la marque de guitares. Il n’est pas sans rappeler les années 1990 et il est d'ailleurs un «vrai» live, entendez par là que les morceaux ont été enregistrés alors que le groupe les jouait tous ensemble, en même temps dans le studio. La semaine dernière, nous avons pu parler avec un Slash toujours aussi cool mais assagi et heureux de reprendre bientôt la route. Let's go!

«4» sent la liberté à plein nez, mais en même temps, l’enregistrement et le son sont incroyables. C’est quoi, la formule magique?

Slash: Je pense que la formule magique, c’est qu’on a tout joué live, des prises entières. C’est vraiment ce qui fait l’esprit de ce disque. Après, il y a le son du producteur, Dave Cobb, et aussi le fait que l’on a utilisé des instruments analogiques qui ont un son de fou!

Vous avez enregistré dans le berceau de la country. Ça a changé quelque chose pour vous?

C’est un des studios légendaires de Nashville, les plus grands artistes country des années 1960 et 1970 ont enregistré là-bas. Alors oui, bosser là où Johnny Cash ou Willie Nelson avaient joué, c’était définitivement inspirant.

Vous avez dit avoir écrit «Call Off The Dogs» en cinq minutes. Racontez-nous la vibe!

(rires) Oui, c’est ce genre de chansons que tu sors d’un coup, comme une explosion! J’étais tellement motivé de pouvoir enfin sortir de la maison, le riff est venu d’un coup, c’était comme un lâcher prise, c’était hyper-spontané.

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Avez-vous un titre préféré sur l’album?

Je n’ai jamais vraiment un track préféré quand je viens de sortir un disque, parce que je me sens proche de tous les titres que je viens d’enregistrer. Mais récemment, j’ai compris qu’il fallait avoir du recul et là, il y en a qui deviennent tes favoris, où tu te dis «Ouais, celui-là, il est vraiment dingue». Mais c’est vrai que par exemple quand je joue «Fall Back To Earth», je suis comme hypnotisé, ce titre m’emmène ailleurs.

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C’est d’ailleurs le plus calme. C’était évident pour vous de le mettre en clôture du disque?

Carrément, on n’avait pas d’autre choix que de le mettre à la fin parce que ce n’est pas possible d’en mettre un autre ensuite (rires).

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Et il y a ce track, «C’est la vie». Du français!

Les paroles viennent de Myles, il l’expliquerait sans doute mieux que moi (rires), mais en gros ça parle d’une femme qui vit une relation abusive et qui s’échappe de ça. Parlant de musique, je l’ai écrit au Brésil pendant la tournée de Living The Dream. Je m’amusais à le jouer pendant les sound-checks parce que je le trouvais vraiment cool. Après, pour le français, ici ça faisait sens parce que c’est une expression «c’est la vie», alors comme ça faisait sens, c’était OK pour moi d’utiliser une autre langue.

Et toujours en parlant de titres, «Action Speak Louder than Words», c’est un statement?

Oui, d’autant plus quand tu as une influence sociale parce que tu es connu (rires)! Mais là, c’est surtout à propos de ceux qui crient très fort sur internet, ceux qui harcèlent ou disent de la merde, mais qui n’assument pas dans la vraie vie. C’est facile de gueuler en se cachant derrière un ordinateur.

D’ailleurs, qu’est-ce qu’internet a changé pour vous par rapport à la musique?

Wow, c’est une grosse question! Je pense qu’internet a changé le visage de l’industrie de la musique. Ça a fait baisser le nombre de ventes d’albums. Dans un certain sens il y a aussi des côtés positifs à tout ça, mais franchement, ça a aussi fait perdre de l’intégrité à pas mal de monde… On est arrivés à un point où l’on peut presque tout enregistrer sans avoir à jouer une seule note. Quand j’ai commencé à faire de la musique, c’était personnel, tangible, on tenait des instruments et des disques dans nos mains, maintenant tout est devenu presque insaisissable.

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Ce qui est tangible, ce sont les guitares! Alors, être le premier artiste signé sur Gibson Records, marque avec laquelle vous travaillez depuis des années, ça vous fait quoi?

C’est très cool, d’autant que j’ai vraiment une super relation avec cette marque. Avant, j’avais mon propre label, mais quand ils sont arrivés avec cette idée de signer cet album, j’ai foncé. Je connais bien la maison, je connais les guitaristes Gibson et je sais que je suis entre de bonnes mains avec eux (rires)!

Et si un jeune vous demandait quelle guitare choisir, vous lui recommanderiez quoi?

On peut évidemment suggérer certains modèles, à cause de la qualité de la marque ou des trucs comme ça. Mais je pense qu’on trouve la bonne guitare en essayant, en cherchant celle avec laquelle tu as du feeling. Ça se manifeste intellectuellement et physiquement. Ça dépend aussi du style de son que l’on recherche, donc c’est assez difficile d’en recommander une en particulier, mais dans le doute: prend toujours une Les Paul (rires), moi je l’utilise et je l’adore.

Quand vous étiez au Montreux Jazz festival, presque tout le monde dans le public portait des T-shirts de vous. Qu’est-ce que ça fait en plus d’être un guitar hero?

Je dois avouer que je n’avais pas remarqué (rires)! Franchement, j’étais tellement honoré de jouer dans ce festival, que je me suis plus concentré sur moi que sur les T-shirts des gens, j’étais intimidé.

Vraiment, après tout ce temps, vous pouvez toujours être intimidé?

Oui. Surtout par des situations. À Montreux, c’était dingue d’être invité à jouer là où tant de légendes sont passées avant moi.

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Vous êtes sur le point de commencer votre tournée nord-américaine. Qu’est-ce que ça fait de remonter sur scène?

J’ai hâte! Le plus gros impact qu’a eu cette pandémie sur moi, c’est vraiment la frustration de ne pas pouvoir jouer en live. En plus j’étais en pleine tournée avec les Guns et c’était vraiment fun, alors ouais, je me réjouis trop et on espère pouvoir venir tourner en Europe bientôt aussi. Genre ce sera début 2023 parce qu’entre deux, on va finir cette tournée avec les Guns N' Roses.

Si vous deviez regarder dans le rétroviseur et faire un point sur votre carrière, vous penseriez quoi?

HA! Je ne voudrais pas renoncer à mes expériences quand j’avais 19 ans. C’était il y a presque 40 ans et c’était hyperfun, même un peu dangereux et fou (rires)! Depuis, j’ai eu une carrière incroyable, et je ne changerais rien, pour rien au monde. Honnêtement, le truc c’est que je n’ai jamais baissé mon niveau de passion et j’ai toujours été drivé juste par la musique et par le rock’n’roll.

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