«Drôle», «I’m dying up here»
Cinq séries sur le stand-up à découvrir

«The Marvelous Mrs Maisel», «Jeune & Golri», «Louie»... autant de séries qui parlent d'un thème commun: le stand-up. Le sujet a déjà irrigué de nombreuses séries: Blick en a sélectionné cinq à voir absolument.
Publié: 19.03.2022 à 17:45 heures
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Dernière mise à jour: 27.06.2022 à 17:27 heures
Au casting de «Jeune et Golri», de jeunes humoristes français tels que Marie Papillon ou Paul Mirabel.
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Margaux BaralonJournaliste Blick

Un public, un micro et beaucoup de blagues. Aujourd’hui, le stand-up est partout sur les plateformes. Il y a, bien sûr, les spectacles que les artistes n’hésitent plus à proposer sur Netflix ou Prime Vidéo, mouvement accéléré lors de la fermeture des salles à cause du Covid-19. Mais on retrouve également cet art du one-man ou one-woman-show dans de nombreuses séries. Les heurs et malheurs des humoristes font le régal des showrunners qui n’hésitent plus à les mettre en scène sur plusieurs épisodes. Blick vous propose les cinq meilleures séries sur le stand-up, à voir ou revoir.

«Drôle» (Netflix)

Dans «Drôle», la showrunneuse française Fanny Herrero, scénariste avant cela de la série «Dix pour cent», choisit de suivre quatre humoristes très différents qui, tous, se produisent dans le même comedy club. Quand Aïssatou, jeune mère qui a l’énergie de celles qui ont galéré trop longtemps, commence tout juste à connaître le succès, Bling, lui, est au contraire en train de perdre de sa verve et ne sait plus comment se relancer. Nézir, l’un des meilleurs amis d’Aïssatou, livre des repas à vélo en attendant de pouvoir vivre des vannes qu’il peaufine tous les jours en pédalant. Quant à Apolline, elle rêve d’arrêter de jouer les petites filles bourgeoises sages et parfaites pour enfin se révéler devant un public.

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De cette matière très simple, Fanny Herrero tire une série touchante, dans laquelle chaque personnage se révèle peu à peu. On ne regarde pas «Drôle» pour son intrigue, souvent trop convenue, mais pour ces caractères finement décrits et ce que la série raconte, très frontalement, du métier même d’humoriste. Loin d’enjoliver la réalité, Fanny Herrero montre la quantité impressionnante de travail nécessaire avant de se lancer et interroge également, avec beaucoup d’intelligence, ce dont on peut rire ou non. Sous son apparente légèreté, «Drôle» rappelle aussi que le rire, comme l’art en général, est toujours politique et en dit long sur l’état d’une société.

«The Marvelous Mrs Maisel» (Prime Video)


Quel plaisir de voir une série qui ne baisse pas en qualité au fil de ses saisons. «The Marvelous Mrs Maisel» en est à la quatrième, récemment sortie sur la plateforme d’Amazon, et la magie opère toujours. La Mrs Maisel du titre, Midge de son prénom, est une grande bourgeoise juive new yorkaise qui, en cette fin des années 1950, mène une vie parfaite… du moins jusqu’à ce que son mari la quitte soudainement pour sa secrétaire. La mère de famille bon chic bon genre se découvre alors un talent pour le stand-up. Mais sa famille est loin d’approuver cette nouvelle activité…

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Faite de dialogues merveilleusement ciselés (à regarder en version originale absolument) et de personnages truculents, «The Marvelous Mrs Maisel» séduit aussi par son atmosphère incomparable. De la musique rétro aux robes extravagantes, en passant par la reconstitution du New York des années 1960, tout donne envie de voyager dans le temps. La série ne se contente d’ailleurs pas de faire rire, elle épouse les profonds changements sociétaux des États-Unis de l’époque, sans jamais perdre de son piquant.

«I’m dying up here» (Canal+)


Sortie en 2017, «I’m dying up here» plonge dans les coulisses d’un véritable comedy club à l’américaine, Goldie’s, où se produit un groupe d’humoristes hétéroclite dans les années 1970. Tous ont leur style propre mais un objectif commun: se faire remarquer pour participer à un «late show» populaire qui leur apportera la gloire.

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La réussite de «I’m dying up here» tient d’abord à ses comédiens, qui sont de vrais humoristes de stand-up au départ et apportent leur verve et leur sens du rythme à une série par ailleurs bien écrite et très documentée sur l’époque dont elle se veut le miroir. Mais c’est bien le ton doux-amer des épisodes qui finit par l’emporter. Derrière les vannes qui fusent, le spectateur découvre des êtres un peu paumés, qui ont choisi de faire rire les autres à défaut de pouvoir être heureux. Le propos n’est pas franchement novateur mais il est ici si bien exposé qu’on aurait tort de passer son chemin.

«Jeune & Golri» (OCS)


Lorsque la petite prodige du stand-up français, Agnès Hurstel, a décidé d’écrire une série, elle était consciente qu’il faudrait aller plus loin que la simple transposition de ses sketchs crus et hilarants à l’écran. En racontant l’histoire de Prune, jeune humoriste qui tombe amoureuse d’un homme plus âgé et se retrouve belle-mère sans avoir rien demandé, la comédienne a trouvé un nouveau moyen d’expression pour son talent.

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Fraîche, résolument moderne dans ce qu’elle raconte des jeunes femmes contemporaines, «Jeune & Golri» se distingue également par son casting composé de la fine fleur des jeunes humoristes français, comme Marie Papillon ou Paul Mirabel. Agnès Hurstel a fait le choix de la pure comédie, sans une once de drame. On croise un frère résolu à s’engager dans l’armée, une mère légèrement angoissante et, surtout, une belle-fille fan de Napoléon absolument terrifiante. Des personnages hauts en couleur que la série croque avec audace et gourmandise, sans jamais se montrer prétentieuse.

«Louie» (en VOD sur Apple TV+)


Voici sûrement la matrice des séries sur le stand-up. Diffusée pour la première fois en 2010, «Louie» est l'œuvre de l’humoriste américain Louis C.K. Il y interprète son propre rôle, celui d’un comique donc, fraîchement largué et père de deux jeunes filles qu’il tente d’élever tant bien que mal. Entre des scènes de pure sitcom, Louis C.K. intègre des éléments de ses one-man-show.

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Absolument hilarante, «Louie» est aussi un monument de ce qu’on appelle aujourd’hui l’humour «cringe», cette comédie du malaise qui n’hésite pas à pousser le spectateur aux confins de l’embarras. Divorce, sexe, rencontres amoureuses, parentalité… Louis C.K. ne s’interdit rien et n’est jamais aussi bon que lorsqu’il arrive à instiller de la finesse dans le grotesque. Cerise sur le gâteau, «Louie» lui permet de déclarer son amour pour New York, théâtre de cette autofiction souvent acide mais toujours savoureuse.


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