Déjà censuré dans trois pays!
Le superhéros gay du dernier Marvel dérange

Depuis mercredi, «The Eternals» cartonne au box-office. Malgré ce succès mondial, le dernier film de l'univers Marvel a déjà été censuré dans trois pays. Un de ses superhéros, noir, ouvertement gay, en couple et parent dans une famille homoparentale dérange.
Publié: 08.11.2021 à 19:01 heures
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Dernière mise à jour: 09.11.2021 à 11:59 heures
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Brian Tyree Henry interprète Phastos, le premier personnage ouvertement gay dans un film de l'univers Marvel.
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Louise MaksimovicJournaliste Blick

Chloé Zhao le craignait, le Koweït, le Qatar et l’Arabie Saoudite l’ont fait. La réalisatrice du dernier film de l’univers Marvel (MCU), «The Eternals», avait peur que certaines scènes de son long métrage ne soient coupées au montage par Disney afin d'éviter que certains gouvernements ne le censurent.

Disney a tenu bon et a respecté les velléités de Chloé Zhao. Mais les trois pays du Golfe arabique cités plus haut ont décidé de censurer «The Eternals» apprenait jeudi le «Hollywood Reporter». La cause de cette interdiction? Une scène de baiser entre le premier superhéros ouvertement gay dans un film du MCU et son compagnon, rapporte le site en ligne.

Interdit aux mineurs dans deux pays

De son côté, le pure-player sud-coréen «Today» informait le jour de la sortie du film que ce dernier serait le premier volet du MCU à être interdit aux moins de 18 ans dans le pays. Même son de cloche en Russie où le site «Kino Metro» rapportait une interdiction pour les mineurs.

Mais pourquoi tant de haine? Il faut dire que le personnage de Phastos, un des «Éternels» incarné par Brian Tyree Henry, cumule toutes les caractéristiques qui heurtent habituellement la sensibilité des ultra-conservateurs. Il est le premier personnage ouvertement gay, noir, en couple et père dans une famille homoparentale des 26 films du MCU.

Dans plusieurs scènes particulièrement touchantes du film, on le voit dans de tendres interactions avec son fils et échanger ce fameux baiser avec son compagnon, incarné par Haaz Sleiman. La réalisatrice oscarisée pour «Nomadland» se doutait bien que ces scènes risquaient de susciter la controverse dans certaines régions du monde. Dans une interview accordée à «IndieWire» presque deux semaines avant la sortie du film, elle faisait part de ses craintes de censure de la part de Disney et de la réception de son long métrage.

Les geeks conservateurs ont descendu le film

En plus de la censure et des restrictions d’âge dans certains pays, le film a créé des réactions épidermiques en ligne. Si beaucoup d’internautes ont salué ce nouveau volet de l’univers Marvel pour la diversité de ses personnages, d’autres ont clairement descendu le film avant même sa sortie en salle pour cette même raison.

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«The Eternals», superhéros de la diversité ou de la stratégie marketing?

[Avertissement]: cet encadré contient des éléments qui peuvent divulgâcher le scénario du film. Si vous ne souhaitez pas lire ces (menues) révélations, ignorez-le.

On peut affirmer plutôt sans crainte que «The Eternals» est le film de l'Univers Marvel avec le plus de diversité.

En plus du personnage de Phastos, les Éternelles Makkari et Thena (incarnées respectivement par Lauren Ridloff et Angelina Jolie) mettent en lumière une héroïne sourde et un personnage en proie avec sa santé mentale. Cette dernière, écrasée par le poids d'un passé traumatique, est prise parfois d'accès de folie meurtrière que la pratique du dessin parvient à calmer (dressant un parallèle avec l'art-thérapie, souvent utilisée pour soulager les personnes atteintes de troubles psychiques).

Si beaucoup ont salué cette diversité qui permet à davantage de spectateurs de s'identifier à ces sur-hommes et ces sur-femmes, d'autres en revanche accusent Disney de surfer sur la tendance marketing du «wokisme».

Sur Twitter, beaucoup d'internautes ont d'ailleurs été piqués par le fait que le seul personnage gay de l'histoire, justement, soit également indirectement responsable de la catastrophe d'Hiroshima.

[Avertissement]: cet encadré contient des éléments qui peuvent divulgâcher le scénario du film. Si vous ne souhaitez pas lire ces (menues) révélations, ignorez-le.

On peut affirmer plutôt sans crainte que «The Eternals» est le film de l'Univers Marvel avec le plus de diversité.

En plus du personnage de Phastos, les Éternelles Makkari et Thena (incarnées respectivement par Lauren Ridloff et Angelina Jolie) mettent en lumière une héroïne sourde et un personnage en proie avec sa santé mentale. Cette dernière, écrasée par le poids d'un passé traumatique, est prise parfois d'accès de folie meurtrière que la pratique du dessin parvient à calmer (dressant un parallèle avec l'art-thérapie, souvent utilisée pour soulager les personnes atteintes de troubles psychiques).

Si beaucoup ont salué cette diversité qui permet à davantage de spectateurs de s'identifier à ces sur-hommes et ces sur-femmes, d'autres en revanche accusent Disney de surfer sur la tendance marketing du «wokisme».

Sur Twitter, beaucoup d'internautes ont d'ailleurs été piqués par le fait que le seul personnage gay de l'histoire, justement, soit également indirectement responsable de la catastrophe d'Hiroshima.

plus

Comme le rapporte le site américain spécialisé dans les films et les séries «Screenrant», «The Eternals» aurait été victime d’un «review bombing», une avalanche de commentaires et recensions négatifs de la part d’internautes. Avant sa sortie, près de 400 personnes ayant pu voir le film (ou pas) avaient laissé la note minimale d’une étoile sur cinq sur le site «IMDb», la base de données en ligne du cinéma, des séries et des jeux vidéo.

Dans leurs commentaires, ces personnes critiquaient notamment les éléments LGBTQIA+ du film, qu’ils considéraient inappropriés pour le MCU. Le site en ligne explique qu'«IMDb» a depuis supprimé ces commentaires.

Avant même d’atterrir sur les écrans, le film avait donc déjà la pire note de tous les films du MCU sur le site de critique «Rotten Tomatoes». Après quelques jours, son taux d’appréciation par la critique a encore baissé, s’écrasant à 48%, bien que le taux d’appréciation des spectateurs «lambdas» soit lui beaucoup plus élevé (81%).

Phastos n’est pas le premier superhéros LGBTQIA+

Ces internautes semblent faire fi de la complexité et de la subtilité de cet univers qu’ils prétendent chérir et défendre. Si à leur création les Comics étaient des exemples d’hétéronormalité, les choses ont changé depuis le siècle dernier, et Phastos n’est pas le premier superhéros homosexuel ou LGBTQIA+ des bandes dessinées.

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Que ce soit chez Marvel ou DC, la sexualité et l’identité de genre de plusieurs personnages ont déjà été questionnées et certains d’entre eux sont même désormais ouvertement homosexuels. Citons par exemple Green Lantern, dont l’homosexualité a été introduite en 2012 dans les comics, Catwoman et sa bisexualité annoncée en 2015, Deadpool qui se décrit pansexuel, ou encore plus récemment le fils de Superman qui sera ouvertement gay dans les prochains numéros de la saga.

Avec Phastos, c’est néanmoins la première fois qu’un superhéros gay est autant mis en lumière et a une place aussi importante dans un film de cinéma, bien plus grand public. Une médiatisation qui peut sans doute expliquer la virulence des réactions.

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