La campagne relative à l’initiative populaire «200 francs, ça suffit» bat son plein. La SSR, ses programmes radio ou TV ou sa présence online sont régulièrement critiqués par les partisans de l’initiative. Il est vrai qu’il existe de trop nombreux exemples de contenus politiquement orientés. Tout récemment encore, le commentaire d’un journaliste sportif au sujet d’un athlète israélien a cristallisé, à juste titre, la critique. Se répandre longuement sur un conflit politique en commentant une compétition sportive est une faute évidente, quelle que soit l’opinion de chacune et chacun sur le fond.
Le biais politique de la SSR est ressenti très fortement par la population qui n’est pas de gauche et ces personnes le font savoir en manifestant une intention forte de voter OUI à l’initiative. La gauche quant à elle critique parfois aussi la SSR, prétendant qu’elle aurait un biais de droite, et les responsables de la SSR prétendent recevoir beaucoup de critiques de gauche également. Bizarrement toutefois, la gauche soutient sans la moindre réserve la SSR. Le Parti socialiste investit presque un million de francs dans la campagne! C’est un signe qui ne trompe pas : le PS n’investirait jamais autant d’argent si la SSR ne servait pas, d’une manière ou d’une autre, son agenda politique.
Malgré ces réalités troublantes, le OUI à l’initiative ne doit pas se fonder en priorité sur le biais politique de la SSR. Ce biais doit être combattu par les moyens légaux existants (plaintes à l’Autorité indépendante).
Le OUI à l’initiative s’impose pour faire entrer de plein pied le Service public dans le XXIe siècle. La structure, le financement et le fonctionnement de la SSR datent du XXe siècle, mais il n’a échappé à personne que le monde a changé. La production de contenu audiovisuel coûte infiniment moins aujourd’hui qu’il y a encore 30 ou 40 ans. Les chaines régionales démontrent qu’avec un budget de quelques millions, il est possible de produire de nombreuses heures de programme par jour avec un haut degré de professionnalisme. Est-il normal, en 2026, qu’une équipe de tournage de trois personnes (expérience faite!) ou parfois plus se rende chez chaque participant à une émission comme Temps Présent? Un contenu journalistique de qualité peut parfaitement être produit avec moins de coûts.
Lorsque presque 50% des personnes interrogées envisagent de voter oui selon les premiers sondages, cela traduit une perte de confiance massive et une grande lassitude de voir chaque ménage être obligé de financer des contenus jugés non essentiels. Cette perte de confiance et cette lassitude menacent l’existence du Service public à terme. En votant OUI le 8 mars, le peuple donnera une opportunité à la SSR de regagner la confiance de l’ensemble du peuple et de démontrer qu’elle sait se concentrer sur l’essentiel.
La SSR a une chance historique de se refonder! Elle a trop grandi, comme un immense arbre qui menace de s’effondrer sous son propre poids. Il est temps de couper les branches superflues. Les branches principales seront renforcées et de magnifiques nouvelles pousses pourront émerger dans ce processus.
Certes, la SSR devra réduire le nombre de canaux, dépenser moins en achats de programmes étrangers et droits de diffusion sportifs, et aussi revoir son management pléthorique et coûteux. Ce sera un exercice exigeant, mais avec un peu de créativité et de courage, le cœur du service public – l’information – sera préservé. Rien n’empêche non plus la SSR de mettre en place une plateforme ou une chaine avec des contenus payants. Avec des contenus annexes de qualité, nul doute que le public sera prêt à mettre la main au portemonnaie volontairement.
Les opposants à l’initiative répandent la peur. Voter OUI, c’est faire confiance à la SSR pour démontrer sa capacité à se projeter dans la XXIe siècle!