Viol, contrainte, maltraitance
Procès à Moutier: audition des quatre fils accusés de traite d'êtres humains

Le procès des cinq hommes originaires des Balkans accusés de traite d'êtres humains et de viols sur des femmes mariées de force a repris mercredi à Moutier. Après avoir entendu le père, les juges ont entamé l'audition des fils en l'absence des victimes présumées.
Publié: 09.11.2022 à 09:24 heures
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Dernière mise à jour: 09.11.2022 à 09:25 heures
Le père et ses fils risquent plusieurs années de prison (Photo d'illustration).

Les fils doivent répondre à des degrés divers de traite d'êtres humains, de lésions corporelles simples, de viols et pour certains d'entre eux de séquestration et de contrainte. Les faits reprochés aux prévenus se sont déroulés durant une quinzaine d'années dans des villages du Jura bernois.

Devant le tribunal régional Jura bernois-Seeland, le chef de famille qui aurait fait venir illégalement en Suisse des filles des Balkans pour les marier avec ses fils a rejeté mardi toutes les accusations. Ce sexagénaire a assuré n'avoir voulu que le bien de ses quatre belles-filles et a nié toute violence psychologique ou physique.

Une belle-famille de tortionnaires

Depuis l'ouverture de ce procès qui se penche sur une affaire digne d'un autre temps, il a beaucoup été question de droit coutumier médiéval albanais, de traditions ancestrales, ainsi que de l'honneur des hommes au sein de la famille. Lors de leur audition, les quatre jeunes femmes ont affirmé n'avoir eu aucun droit.

Les parties plaignantes ont, pour l'essentiel, tenu les mêmes propos devant le tribunal collégial. Elles auraient été obligées d'accepter le mariage, auraient subi des relations sexuelles contre leur gré, auraient été menacées et contraintes de rompre leurs liens avec l'extérieur. Les quatre jeunes Albanaises ont dit toujours vivre dans la crainte de leur belle-famille.

Selon l'acte d'accusation, le père expliquait à ses fils âgés d'une trentaine d'années qu'il fallait faire preuve de violence avec les épouses si elles ne leur obéissaient pas ou si elles refusaient d'entretenir des relations sexuelles. Pour le Ministère public du Jura bernois, les prévenus ont fait régner un climat de terreur.

(ATS)

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