Même en contact avec le virus
Pourquoi certaines personnes ne sont pas atteintes par le Covid-19

Une nouvelle étude menée en Angleterre s'est penchée sur les personnes qui n'attrapent pas le coronavirus, même si elles sont en contact avec des personnes infectées. L'explication réside dans des cellules et des protéines spéciales, avance la revue «Nature».
Publié: 29.12.2021 à 17:25 heures
Certaines personnes ne sont pas infectées par le coronavirus malgré un contact avec des personnes positives.
Chiara Schienz

Deux ans après le début de la pandémie, le coronavirus continue d'intriguer l'humanité. Comment se fait-il par exemple qu'un virus aussi hautement contagieux épargne certaines personnes qui ont été en contact avec des personnes infectées?

Une étude britannique publiée dans la revue spécialisée «Nature» fournit quelques explications. Elle suggère que des différences individuelles dans l'activité de certaines cellules de notre système immunitaire pourraient en être responsables.

Le phénomène a été étudié par une équipe de chercheurs de l'University College de Londres. Elle a découvert des signes de cellules T particulières chez les employés d'hôpital exposés quotidiennement au coronavirus. Les cellules T sont des globules blancs qui, avec les anticorps, assurent la fonction de défense immunitaire. Ils reconnaissent les cellules de l'organisme qui ont été infectées par des virus et les tuent.

La protéine immunitaire IFI 27 joue également un rôle. Cette protéine et les cellules T ont été découvertes en nombre inattendu dans le corps de personnes qui sont restées en bonne santé malgré le contact avec des personnes infectées par le virus, peut-on lire dans l'étude.

La protéine IFI 27, un indice décisif

Les chercheurs ont examiné au total 731 collaborateurs d'hôpitaux anglais, dont environ 22% avaient été infectés par le coronavirus et présentaient un nombre élevé d'anticorps. Parmi les collaborateurs sans anticorps, ils ont examiné près 58 personnes. «Nous avons testé les cellules T et l'IFI 27», explique le directeur de recherche, Leo Swadling, à la «St. Galler Tagblatt».

Il s'est avéré que vingt de ces personnes présentaient un taux élevé de cellules T ainsi qu'un taux élevé de la protéine IFI 27. Cette protéine est l'indice décisif que ces individus ont certes été en contact avec le virus, mais que leur système immunitaire a réussi à bloquer l'infection avant qu'elle ne se déclare.

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Leo Swadling relativise toutefois auprès du journal régional: «Lorsque nous avons commencé notre travail en mars 2020, nous avions analysé le virus d'origine de Wuhan. Nous ne savons pas si l'immunité est également présente pour les variants ultérieurs comme Delta ou Omicron. Mais il était clair à l'été 2020 qu'environ 10 à 20% des personnes testées étaient résistantes au Sars-CoV-2.»

L'immunité croisée est encore une hypothèse

L'immunité croisée évoquée par Leo Swadling est toujours une hypothèse, mais elle est soutenue par plusieurs études. «Les personnes qui ont des réponses immunitaires marquées contre les coronavirus humains sont également protégées dans une certaine mesure contre une infection par le Sars-CoV-2», a expliqué Alexandra Trkola, directrice de l'Institut de virologie médicale de Zurich, dans un communiqué.

La question reste toutefois ouverte de savoir si l'inverse est également vrai, c'est-à-dire si une immunité contre le Sars-CoV-2 protège aussi contre d'autres virus du genre corona. Alexandra Trkola avance: «Si c'était le cas, nous ferions un grand pas vers une protection complète contre les coronavirus.»

(Adaptation par Jocelyn Daloz)

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