Suites du coup d'Etat
La junte birmane prolonge l'état d'urgence de six mois

L'état d'urgence en Birmanie, en vigueur depuis le coup d'Etat de février 2021, a été prolongé de six mois, a indiqué ce lundi un média officiel. Cette mesure donne à la junte militaire les pleins pouvoirs.
Publié: 01.08.2022 à 08:26 heures
Le chef de la junte Min Aung Hlaing dirige la Birmanie depuis le coup d'Etat du 1er février 2021.

Le chef de la junte Min Aung Hlaing, en place depuis le putsch, a demandé aux membres du gouvernement militaire «de le laisser en poste pour six mois de plus», jusqu’en février 2023, selon le quotidien d’Etat Global New Light of Myanmar. Les onze membres du Conseil national de défense et de sécurité ont «soutenu sa proposition à l’unanimité».

La junte a proclamé l’état d’urgence dans la foulée du coup d’Etat du 1er février 2021, qui a renversé le gouvernement de la dirigeante Aung San Suu Kyi. L’armée a justifié son putsch en invoquant des fraudes massives lors des élections générales, remportées par le parti pro-démocratie d’Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), en novembre 2020. Elle avait aussi promis un nouveau suffrage sous un an.

La promesse d’un nouveau suffrage

Alors que le pays s’enlisait dans un conflit civil, elle a plus tard renouvelé son engagement et assuré que l’état d’urgence allait être levé avant août 2023. Dans un discours diffusé lundi matin, Min Aung Hlaing n’a pas mentionné de date. Il a déclaré qu’il fallait d’abord que la Birmanie soit «en paix et stable» pour tenir des élections.

Le général a évoqué une «réforme» du système électoral, en remplaçant le scrutin majoritaire uninominal, qui a favorisé le LND, par un mode proportionnel.

Un pouvoir tortionnaire

La junte birmane, régulièrement accusée d’atrocités, poursuit une répression sanglante contre ses opposants avec plus de 2000 civils tués et plus de 15’000 arrêtés depuis le coup d’Etat, selon une ONG locale.

Arrêtée au moment du putsch, Aung San Suu Kyi, 77 ans, fait face à plusieurs accusations qui peuvent lui valoir jusqu’à 150 ans de prison au total.

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(ATS)

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