La chronique de Philippe Nantermod
Université: Rallumons les Lumières

Le conseiller national PLR valaisan Philippe Nantermod, membre de notre équipe de chroniqueurs, revient cette semaine sur l'actualité de la sphère académique en Suisse. Pour lui, elle est loin d'être brillante et mérite d'être plus orientée vers la recherche, la vraie.
Publié: 26.01.2023 à 11:05 heures
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Dernière mise à jour: 26.01.2023 à 11:32 heures
Pour Philippe Nantermod, on n'entend pas assez parler des recherches et des découvertes passionnantes de la sphère académique.

Est-ce que les universités ont éteint la lumière? Voire éteint les Lumières? Celles du siècle éponyme, du triomphe de la raison et de la science sur la croyance et la superstition. L’alma mater, le cœur de l’intelligence et du savoir aligne les sketchs. Ou plutôt les mauvaises blagues. Une certitude: la liberté académique n’immunise pas du ridicule.

Il y a d’abord eu l’épisode de l’agression faussement pâtissière de la conseillère nationale Céline Amaudruz par une bande de pleutres analphabètes encagoulés, sous les applaudissements de syndicats et d’associations à faucille. Avec eux, on n’est jamais déçus.

Puis le choix du recteur. Alors que la recherche pédale pour rattraper le programme Horizon et que les crédits se négocient âprement du côté du conseiller fédéral Guy Parmelin, l’UNIGE propose pour recteur un Québécois qui ne parle pas un traître mot d’allemand, sans aucune connexion politique à Berne ou à Bruxelles. Recalée par le Conseil d’Etat, l’Assemblée de l’université «prend acte avec gravité» de la décision. Il faut dire que l’UNIGE programmait un merveilleux projet de «transition socio-écologique» avec cet homme admiré pour ses succès en matière de management horizontale. Bref, la vision d’une université sans ambition, sans fond, sans pollution.

Une université hors sol

Ce n’est pas à Lausanne que l’on va se rassurer. L’Unil-e annonce en grande pompe la fin de la pratique écœurante des diplômes genrés. Près de 500 ans après sa fondation, l’Université qui a décerné des titres aux plus grands se décide enfin à tourner la page des Madame-Monsieur. Il en aura fallu des docteurs pour que l’expression «né le…» ou «née le…» soit remplacée par «date de naissance». Avec ça, on peut s’attendre à une pluie de Nobel sur Dorigny.

Et on ne compte plus les «chercheureuses» qui découvrent des manières révolutionnaires de militer pour nous alerter de la fin du monde, à coup de colle à bitume hyper-résistantes, rejoignant au passage quelques sectes millénaristes qu’on croyait disparues. Et que dire de cette professeure, spécialiste des technologies, qui en fin de carrière peut chanter la complainte du progrès, rejetant smartphones, applications et autres artifices du diable pour regretter les anciens guichets CFF et leurs billets blanc et marron? On ne saurait trouver mieux pour symboliser une université hors sol.

Suis-je de mauvaise foi? Juste à moitié. Ces cas sont anecdotiques, mais bruyants. Très bruyants. Assourdissants même. Au point qu’ils portent préjudice aux académiciens qui ont refusé d’éteindre les Lumières. Dans ce brouhaha militant, on entend nettement moins parler des recherches et des découvertes passionnantes des écoles polytechniques que de ces assommantes études genre un peu scandaleuses et à l’utilité douteuse. Qui, à l’université, ose encore parler d’excellence, de performance, de compétition, d’ambition?

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On ne finance pas des facultés pour qu’elles soient des modèles d’égalitarisme, de graphisme ou de tri des déchets. Mais pour qu’elles forment les meilleurs et réalisent la recherche la plus performante. Qu’elle décroche la lune, ou y aille!

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