Nucléaire iranien
Les Européens insistent sur l'urgence de la situation

Les Européens ont insisté mardi sur «l'urgence» à conclure les négociations sur le nucléaire iranien, alors que l'Iran se rapproche de «manière significative» du stock d'uranium nécessaire à la fabrication d'une bombe.
Publié: 28.12.2021 à 21:37 heures
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Dernière mise à jour: 28.12.2021 à 21:38 heures
L'enjeu des pourparlers vise à faire revenir dans le pacte les Etats-Unis, qui l'ont quitté en 2018, et de ramener Téhéran au respect de ses engagements, rompus en réaction au rétablissement de sanctions américaines.

«Cette négociation est urgente», ont déclaré des négociateurs des trois pays européens (France, Allemagne, Royaume-uni) signataires de l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien (JCOPA), au lendemain de la reprise des négociations à Vienne pour tenter de le sauver.

«Il est clair que nous approchons du point où l'escalade nucléaire iranienne aura vidé le JCPOA de sa substance», ont-ils relevé, en réitérant qu'il restait «des semaines et non des mois pour conclure un accord».

Ils ont notamment insisté sur le niveau d'enrichissement d'uranium par l'Iran, qui le rapproche dangereusement du seuil nucléaire, même si Téhéran a déclaré samedi ne pas avoir l'intention d'enrichir au-delà de 60% en cas d'échec des négociations à Vienne.

Faire revenir les Etats-Unis

«Nous prenons note du commentaire du chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique selon lequel l'Iran n'enrichira pas au-delà de 60%. Il n'en demeure pas moins qu'enrichir à 60% est sans précédent pour un Etat non doté de l'arme nucléaire», ont-ils déclaré.

Et d'ajouter: «L'augmentation de ses stocks d'uranium à 60% rapproche l'Iran de manière significative de l'obtention de la matière fissile pouvant être utilisée pour la fabrication d'une arme nucléaire».

L'enjeu des pourparlers vise à faire revenir dans le pacte les Etats-Unis, qui l'ont quitté en 2018, et de ramener Téhéran au respect de ses engagements, rompus en réaction au rétablissement de sanctions américaines.

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L'Iran a notamment annoncé en avril avoir commencé à produire de l'uranium enrichi à 60%, soit bien au-delà du seuil de 3,67% fixé par l'accord international, se rapprochant des 90% nécessaires à la confection d'une bombe atomique même s'il dément avoir un tel projet.

Réactions encourageantes

Outre les trois pays européens, la Chine et la Russie sont aussi partie prenante à la négociation avec l'Iran. Les Etats-Unis y participent de manière indirecte.

Le coordinateur de l'Union européenne (UE) Enrique Mora, qui préside les pourparlers, a déclaré lundi que toutes les parties avaient montré «une claire volonté de travailler à la réussite de cette négociation» mais prédit des discussions encore «très difficiles» dans les «jours et les semaines à venir».

Le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian, cité par l'agence de presse officielle IRNA, a estimé pour sa part mardi que les négociations étaient «en bonne voie». «Avec la bonne volonté et le sérieux des autres parties, nous pouvons espérer (atteindre) un accord dans un avenir proche», a-t-il dit.

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Selon le représentant permanent de la Russie auprès des organisations internationales à Vienne, Mikhaïl Oulianov, le groupe de travail sur les questions nucléaires a eu «une réunion utile» mardi.

«Nous observons des progrès indéniables», a-t-il estimé sur Twitter. La levée des sanctions est aussi «activement discutée» de façon informelle, a-t-il ajouté.

(ATS)

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