Même en cas d'arrêt du réchauffement
Les glaciers des Alpes perdront 30% à 50% de leur volume d’ici 2050

Les glaciers des Alpes pourront perdre jusqu'à la moitié de leur volume d'ici 2050, selon une nouvelle étude. Et ce, même si l'on arrête totalement le réchauffement climatique.
Publié: 19.01.2024 à 12:13 heures
Au rythme actuel, les glaciers européens - ici celui d'Aletsch (VS) - auront diminué de moitié d'ici 2050 (archives).

Même en cas d’arrêt total du réchauffement climatique, le volume de glace présent dans les Alpes européennes diminuera de 34% d’ici à 2050. S'il se poursuit au même rythme, la moitié de la glace sera perdue, selon une étude lausannoise. C'est ce que montrent des scientifiques de la Faculté des géosciences et de l'environnement de l'Université de Lausanne (UNIL) dans une étude internationale publiée par le revue Geophysical Research Letters.

En 2050, au minimum 34% du volume de glace présent dans les Alpes européennes auront disparu, selon un nouveau modèle informatique développé par les auteurs en collaboration avec l'Université de Grenoble (F) ainsi que l'EPF et l'Université de Zurich.

Une projection plus réaliste

Dans ce scénario optimiste, le réchauffement a cessé en 2022, mais les glaciers subissent tout de même des pertes, en raison de phénomènes d'inertie. La réalité à venir est toutefois différente, puisque les émissions de gaz à effet de serre ne cessent d'augmenter au niveau mondial, indique l'UNIL vendredi dans un communiqué.

La seconde projection, plus réaliste, montre ainsi que, si la tendance de fonte des 20 dernières années se poursuit, c'est près de la moitié (46%) du volume de glace des Alpes qui aura réellement disparu d'ici à 2050. Ce chiffre atteindrait même 65%, si l'on extrapole sur la base des données des dix dernières années uniquement.

A l'inverse des modèles traditionnels, qui projettent généralement des estimations pour la fin du siècle, cette nouvelle étude propose une échéance à court terme, alors que, par exemple, l'année 2038 est envisagée pour l'organisation de Jeux olympiques en Suisse, note l'UNIL.

Même constat pour les glaciers d'Europe

«Les données utilisées pour construire les scénarios s'arrêtent à 2022, une année qui a été suivie par un été exceptionnellement chaud. Il est donc probable que la situation soit encore pire que celle que nous présentons», illustre Samuel Cook, chercheur à l'UNIL et premier auteur de l'étude, cité dans le communiqué.

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Selon différentes études publiées ces dernières années, notamment par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), les glaciers européens pourraient perdre entre 80% et 90% de leur volume d'ici 2100. Une modélisation de l'EPFZ et de l'Institut WSL publiée en 2019 arrivait également à une perte de 50% en 2050.

Les scientifiques ont utilisé des méthodes d'apprentissage profond afin d'entraîner leur modèle aux notions de physique et l'ont nourri de données climatiques et glaciologiques réelles. «Cette étape essentielle, auparavant compliquée et gourmande en ressources de calcul, devient désormais plus précise et efficace», conclut Guillaume Jouvet, co-auteur de l'étude.

(ATS)

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