Dernière ligne droite contre le RN
«Nous avons 7 jours pour éviter à la France une catastrophe»

Les tractations politiques sont dans leur dernière ligne droite en France pour empêcher l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir. Les partis ont jusqu'à mardi 18h00 pour décider s'ils retirent ou maintiennent leurs candidats au deuxième tour.
Publié: 02.07.2024 à 14:24 heures
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La poussée de l'extrême droite, qui pourrait diriger un gouvernement pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, est scrutée à l'étranger et suscite l'inquiétude des grands partenaires européens de la France.
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ATS Agence télégraphique suisse

Les tractations politiques sont dans leur dernière ligne droite en France pour empêcher l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir. Les partis ont jusqu'à mardi 18h00 pour décider s'ils retirent ou maintiennent leurs candidats au deuxième tour. La poussée de l'extrême droite, qui pourrait diriger un gouvernement pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, est scrutée à l'étranger et suscite l'inquiétude des grands partenaires européens de la France.

Le parti d'extrême droite Rassemblement national (RN) et ses alliés ont engrangé 33,1% des suffrages au premier tour des législatives (29,25% pour le RN et 3,90% pour ses alliés) et comptent 39 députés élus dès le premier tour, dont la figure de proue du RN Marine Le Pen. L'alliance de gauche Nouveau front populaire (NFP) a obtenu pour sa part 27,99% des suffrages et compte déjà 32 élus, alors que le camp présidentiel a sombré (20,8%).

«Contre le RN: désiste, prouve que tu existes»

Après plus de 165 désistements déjà annoncés, le casting du deuxième tour des élections législatives sera connu mardi soir, trois semaines après la désastreuse dissolution de l'Assemblée nationale par le président français Emmanuel Macron, consécutive à son échec aux élections européennes début juin.

Cette ligne de départ devrait confirmer la constitution d'un «front républicain» contre le RN et ses alliés. «Contre le RN: désiste, prouve que tu existes», titrait mardi le journal de gauche «Libération» dans un clin d'oeil à la populaire chanson française «Résiste» interprétée par France Gall.

Autorité morale à gauche, l'ex-secrétaire général du syndicat réformiste CFDT Laurent Berger a mis en garde lundi contre tout «accroc dans le désistement républicain». Parmi ces désistements, qui concernent des circonscriptions où au moins trois candidats sont qualifiés et où le RN est en mesure de l'emporter, figurent une majorité de représentants de l'alliance de gauche ainsi que trois ministres.

«Nous avons sept jours pour éviter à la France une catastrophe»

L'objectif est d'empêcher le RN d'obtenir la majorité absolue de 289 députés dimanche au soir du second tour. S'il était atteint, s'ouvrirait alors une période d'inconnue politique avec un risque de blocage de l'Assemblée. Marine Le Pen a évoqué mardi une majorité relative de «270 députés» complétée avec des soutiens, pour que le président du parti, Jordan Bardella, 28 ans, accepte de diriger un gouvernement de cohabitation.

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«Nous avons sept jours pour éviter à la France une catastrophe», martelait dimanche soir le député européen social-démocrate Raphaël Glucksmann, appelant tous les candidats arrivés en troisième position à se désister. Mais pour son allié de la gauche radicale La France insoumise (LFI), la règle ne s'imposera que là où le RN est arrivé en tête, selon son très clivant chef de file Jean-Luc Mélenchon.

Dans le camp présidentiel, la ligne n'est pas limpide. Lors d'une réunion de son gouvernement lundi, M. Macron n'a pas donné de consigne claire, selon plusieurs sources ministérielles. Mais selon un participant, il a affirmé que «pas une voix» ne devait «aller à l'extrême droite».

Le monde entier regarde la France

Plusieurs candidats macronistes ont annoncé qu'ils se maintiendraient malgré tout. Et la majorité sortante traîne des pieds quand il s'agit de soutenir un candidat LFI, repoussoir pour les électeurs centristes et pour certains de la gauche, en raison des outrances de Jean-Luc Mélenchon, dont le parti est accusé d'antisémitisme.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a lui-même renvoyé mardi LFI et RN dos à dos, assimilant leurs programmes à «deux Frexit (sortie de la France de l'Union européenne, ndlr) déguisés».

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La situation en France est suivie de près à l'étranger. La cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock, a avoué ne pas pouvoir «rester indifférente» au risque qu'un parti «qui voit dans l'Europe le problème et non la solution arrive largement en tête» chez son voisin et allié.

La dirigeante d'extrême droite italienne Giorgia Meloni s'est en revanche réjouie que la «diabolisation» ne fonctionne plus. Prudent, Washington a indiqué avoir «pleinement confiance (...) dans les processus démocratiques de la France» et souhaiter poursuivre une «coopération étroite» avec Paris, alors que la guerre fait rage entre l'Ukraine et la Russie.

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