«Cela sabote la transition énergétique!»
Plus de production d'électricité au détriment des biotopes protégés?

Le Conseil des Etats s'attaque jeudi à la réforme de l'énergie. Sa commission compétente a largement remanié le projet gouvernemental, privilégiant le développement des énergies renouvelables à la protection de l'environnement. La gauche devrait monter aux barricades.
Publié: 22.09.2022 à 06:50 heures
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Dernière mise à jour: 22.09.2022 à 07:47 heures
Environnement ou énergie? Les sénateurs trancheront jeudi (image symbolique).

La Suisse dépend de l'étranger pour le gaz et les combustibles fossiles. La crise énergétique actuelle, découlant de la guerre en Ukraine, l'a rappelé. La commission compétente du Conseil des Etats a donc décidé de mettre les bouchées doubles pour encourager les énergies renouvelables indigènes et ainsi gagner en indépendance

Des objectifs plus ambitieux

Elle propose des objectifs plus ambitieux que le Conseil fédéral. La production annuelle d'électricité issue d'énergies renouvelables - sans l'hydraulique - doit atteindre au moins 35 TWh en 2035, et 45 TWh en 2050. Le gouvernement avait mis la barre à 17 TWh et 39 TWh. Pour l'énergie hydraulique, la production annuelle doit atteindre au moins 37,9 TWh à la première échéance et 39,2 TWh à la seconde, soit légèrement plus que ce que prévoyait le Conseil fédéral.

Des propositions qui ne font pas consensus. L'UDC aimerait renoncer à des objectifs fixes et s'en tenir aux valeurs indicatives actuelles plus basses. Une minorité, composée d'élus du Centre et de l'UDC, plaide pour la version gouvernementale. Issue des rangs centristes, une autre propose un compromis entre la commission et le Conseil fédéral.

Pour faciliter la mise sur pied des installations produisant de l'énergie renouvelable, la commission a par ailleurs décidé de leur donner la priorité. Les dispositions environnementales ne doivent ainsi ni entraver ni empêcher leur construction, leur maintien, leur agrandissement ou leur rénovation.

La gauche mécontente

Des centrales doivent pouvoir être construites dans des biotopes d'importance nationale. Et l'exploitation de centrales hydroélectriques, dont la puissance est supérieure à 3 MW, doit pouvoir se poursuivre plus facilement jusqu'en 2035. Des propositions qui ne plaisent pas à gauche.

Selon la conseillère aux Etats verte Lisa Mazzone, il s'agit tout simplement d'«une loi bulldozer qui sabote la transition énergétique». «Elle s'attaque aux rares espaces protégés en Suisse, qui protège notamment un tiers des espèces menacées, tonne la Genevoise au micro de la Matinale. Et surtout, on s'attaque à ceux-ci au lieu d'utiliser tout le potentiel qui est là, à disposition, et pourrait très vite être mis en service: celui du solaire.» Elle dénonce la «grosse hypocrisie» d'une proposition «qui sert les intérêts financiers de compagnies énergétiques et de certains cantons de montagne».

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Les installations solaires d'une puissance d'au moins 1 MW doivent quant à elles être plus facilement construites hors des zones à bâtir et sur les terrains agricoles, selon la commission. Tout comme les installations de biomasse et les éoliennes.

Renforcement de la production hivernale, réduction de la consommation ou encore mécanismes de soutien financier devraient aussi entraîner des débats fournis. Les propositions fusent de toutes parts. A l'inverse, l'abandon de la libéralisation totale du marché de l'électricité ne devrait pas faire de vagues.
(ATS/Blick)

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