Chaque degré compte!
Plus de glaciers sous nos latitudes d'ici la fin du siècle

Avec les objectifs climatiques actuels, il n'y aura pratiquement plus de glaciers en Europe centrale d'ici la fin du siècle. Et même avec des objectifs plus stricts, ils auront fondu de 60%, selon une étude internationale avec participation suisse.
Publié: 05.01.2023 à 20:52 heures
Les glaciers actuels – ici la jonction du glacier du Scex Rouge avec celui de Tsanfleuron (VD/VS) – font déjà figure d'histoire ancienne. Leur disparition est programmée, selon cette étude (archives).

Les scientifiques emmenés par David Rounce, de la Carnegie Mellon University à Pittsburgh (USA), ont évalué les données relatives à 215'547 glaciers dans le monde entier, selon des travaux publiés jeudi dans la revue «Science». Du côté des températures, ils ont simulé différents scénarios avec des hausses comprises entre 1,5 et 4 degrés.

Résultats: avec une hausse de 3 degrés à l'horizon 2100, les glaciers d'Europe centrale disparaîtront complètement. Or, avec les objectifs climatiques actuels retenus à l'international, la hausse devrait atteindre 2,7 degrés. Avec une hausse de 1,5 degré, la fonte des glaciers sous nos latitudes serait de l'ordre de 60%, selon cette étude à laquelle ont également contribué des scientifiques de l'Université de Fribourg, de l'Institut WSL et de l'EPF de Zurich. Dans le monde entier, avec le scénario le plus optimiste, les glaciers perdraient 26% de leur masse par rapport à 2015. Dans l'hypothèse la plus pessimiste, ce chiffre serait de 41%.

Des réservoirs d'eau douce important

Ne subsisteraient alors des glaciers que dans les hautes montagnes d'Asie, en Alaska, en Russie, ainsi que dans l'Arctique et l'Antarctique. En parallèle, le niveau des mers s'élèverait de 115 millimètres.

Matthias Huss, co-auteur de ces travaux à l'EPFZ, souligne que les glaciers sont des réservoirs naturels d'eau douce. Leur disparition signifie que cette eau ne sera plus disponible quand on en a le plus besoin, soit pendant les mois secs d'été.

Les pénuries d'eau qui en découlent auront des conséquences sur l'irrigation, l'eau potable, le transport de marchandises, ainsi que la faune et la flore, entre autres. «Même si nous ne pouvons plus sauver les glaciers dans leur état actuel, chaque dixième de degré de réchauffement évité compte», conclut le chercheur, qui appelle à des mesures plus strictes.

(ATS)

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