Besoin urgent d'armes
Volodymyr Zelensky demande aux alliés «d'accélérer» le soutien à l'Ukraine

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté vendredi les dirigeants mondiaux à «accélérer» leur soutien militaire à Kiev près d'un an après l'invasion russe et à un moment où une prochaine grande offensive russe est redoutée.
Publié: 17.02.2023 à 16:46 heures
"Il n'y a pas d'alternative à la vitesse, car c'est d'elle que dépendent nos vies", a souligné le président ukrainien Volodymyr Zelensky (archives).

«Nous avons besoin de vitesse. Vitesse pour conclure nos accords, vitesse des livraisons pour renforcer notre combat, vitesse des décisions pour limiter le potentiel russe. Il n'y a pas d'alternative à la vitesse, car c'est d'elle que dépendent nos vies», a martelé le président ukrainien lors d'une intervention vidéo lors de la Conférence sur la sécurité à Munich qui a débuté vendredi.

Après un an de guerre, aucun signe d'apaisement n'est en vue sur le front. Les combats s'enlisent notamment à l'est de Bakhmout, et les chances d'une résolution diplomatique du conflit sont quasi-nulles. Depuis le début de l'offensive, le bilan s'élève à des dizaines milliers de victimes dans les deux camps, et l'OTAN s'attend à une nouvelle offensive russe.

Dans ce contexte, «il n'y a pas d'alternative à la victoire de l'Ukraine. Pas d'alternative à l'Ukraine dans l'Union européenne. Pas d'alternative à l'Ukraine dans l'OTAN», a lancé le chef d'État. Car pour lui, «il est clair que son pays et ses terres ne seront pas» la dernière étape de Vladimir Poutine, et que ce dernier va «poursuivre (son offensive) vers d'autres États de l'ex-bloc soviétique», a-t-il mis en garde.

«Détermination impressionnante»

Le chancelier Olaf Scholz, présent à Munich, a assuré Volodymyr Zelensky du soutien de l'Allemagne à Kiev, un soutien à la fois financier, humanitaire et militaire, conçu afin «de durer longtemps». Le dirigeant a souligné que Berlin et ses alliés soutiendront le pays «aussi longtemps que nécessaire». «Les Ukrainiens défendent leur liberté au prix de grands sacrifices et avec une détermination absolument impressionnante», a-t-il jugé.

Le chancelier a appelé les pays occidentaux pouvant livrer des chars d'assaut à Kiev «à le faire vraiment», un ton inhabituellement critique de sa part. Après avoir subi des pressions de toutes parts pour livrer des chars Leopard 2, de fabrication allemande, le successeur d'Angela Merkel a donné fin janvier son feu vert à des livraisons de blindés par l'Allemagne, mais aussi d'autres pays européens. Mais les pourparlers ultérieurs avec les partenaires de l'OTAN n'ont pas permis à ce stade de réunir les effectifs nécessaires à la constitution d'un bataillon complet, soit une trentaine de modèles 2A6, les plus modernes.

Ignazio Cassis et Viola Amherd présents

Plus de 150 représentants gouvernementaux se retrouvent pour cette conférence de trois jours consacrée aux questions de sécurité internationale qui se tient chaque année à Munich.

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Le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi, la vice-présidente américaine Kamala Harris, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken ainsi que le chef de l'OTAN Jens Stoltenberg, qui quittera ses fonctions à l'automne, seront aussi présents. La Suisse est représentée par le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis et la ministre de la Défense Viola Amherd. Jeudi, le chef de l'OTAN a dit craindre une guerre d'usure. «Nous devons être préparés pour le long terme, cela peut durer de très nombreuses années», a-t-il averti dans un entretien à l'AFP.

Nouvelles sanctions

Les pays occidentaux soutiennent l'Ukraine en lui envoyant des armes, et en sanctionnant la Russie économiquement. À cet égard, Washington et ses alliés préparent l'adoption d'"un nouveau gros paquet de sanctions» «autour du 24 février», date anniversaire de l'offensive, a indiqué jeudi Victoria Nuland, secrétaire d'État adjointe aux affaires politiques.

Les alliés ont déjà imposé des sanctions drastiques contre Moscou, frappant au plus haut niveau de l'État russe, ainsi que son industrie, ses banques et le secteur pétrolier.

Tensions sino-américaines planeront sur la conférence

Les tensions entre les États-Unis et la Chine, exacerbées par le survol du sol américain par un ballon chinois, devraient aussi figurer en bonne place au menu des discussions à la conférence. Ces dissensions tombent mal à un moment où les Européens, notamment l'Allemagne et la France, espèrent toujours convaincre Pékin, qui reste un allié de Moscou, de faire pression sur Vladimir Poutine afin qu'il mette un terme à la guerre

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(ATS)

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