Après une fuite de pétrole
Des touristes suisses sont retenus en otage par des autochtones au Pérou

Des habitants de la région amazonienne au Pérou retiennent en otage un groupe de touristes, notamment français et suisses. Ils protestent contre le manque d'aide gouvernementale après une fuite de pétrole, a annoncé un responsable autochtone.
Publié: 04.11.2022 à 17:50 heures
La compagnie Petroperú a fait état de 10 attaques contre son oléoduc à Loreto depuis janvier, qui ont provoqué des marées noires (Photo d'illustration).

Nous voulons «attirer l'attention du gouvernement avec cette action. Il y a des étrangers et des gens du pays, ils sont environ 70», a déclaré vendredi à la radio RPP Watson Trujillo, l'Apu (dirigeant) de la communauté Cuninico. Les touristes concernés viennent des Etats-Unis, d'Espagne, de France, du Royaume-Uni et de Suisse.

Des femmes et des enfants figurent parmi eux. Les autorités et la polices n'ont pour l'instant fait aucune déclaration sur l'incident, survenu sur un affluent de la rivière Marañón face au territoire de la communauté Cuninico.

L'ambassade est en contact avec les autorités

Interrogé par Keystone-ATS, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a de son côté indiqué avoir connaissance de cet incident. L'ambassade est en contact avec les autorités compétentes. Des clarifications sont en cours, a-t-il indiqué, sans être en mesure de donner plus d'informations.

Selon Watson Trujillo, «cette mesure radicale» a été décidée pour que le gouvernement envoie une délégation constater les dommages environnementaux provoqués par une fuite de pétrole survenue le 16 septembre qui a suscité le déversement d'environ 2500 tonnes de brut dans la rivière Cuninico.

Les bateaux bloqués

Les passagers retenus devaient passer la nuit sur le bateau en attendant une solution, a-t-il déclaré, précisant qu'ils vont tous bien et que d'éventuelles personnes âgées ou malades pourraient descendre à terre. Le responsable autochtone a indiqué qu'il comptait retourner vendredi sur le bateau pour évaluer la possibilité de libérer les personnes retenues.

Les communautés autochtones bloquent en outre depuis jeudi le transit de tout type de bateau sur la rivière pour protester contre la fuite de pétrole qui avait été provoquée par une rupture de l'oléoduc Norperuano (ONP) dans la région sauvage de Loreto.

Publicité

Etat d'urgence

Le 27 septembre, le gouvernement a déclaré l'état d'urgence durant 90 jours dans la zone touchée au sein des communautés Cuninico et Urarinas où vivent quelque 2500 autochtones.

L'oléoduc Norperuano de la compagnie étatique Petroperú, l'un des plus grands ouvrages du pays, a été construit il y a quatre décennies pour transporter du pétrole brut de la région amazonienne à Piura, sur la côte, s'étendant sur quelque 800 km.

La compagnie avait attribué cette fuite à une attaque contre le pipeline, avec «une déchirure intentionnelle de 21 centimètres dans l'oléoduc». Petroperú a fait état de dix attaques contre son oléoduc à Loreto depuis janvier, qui ont provoqué des marées noires.

(ATS)

Publicité
Vous avez trouvé une erreur? Signalez-la