Situation «ubuesque»
Une maire contrainte de céder la tête de liste... à cause d'une loi sur la parité

Candidate à sa réélection, la maire de Myon doit céder la tête de liste à un homme à cause d’une loi sur la parité. Sarah Vionnet, 48 ans, a découvert cette contrainte administrative en remplissant son dossier pour la préfecture.
Une maire dénonce une situation «ubuesque» liée à une lois sur la parité.
Photo: Shutterstock
sda-logo.jpeg
ATS Agence télégraphique suisse

La maire d'une petite commune du Doubs, candidate à sa réélection, est contrainte de laisser la tête de liste à un homme en raison d'une loi censée favoriser la parité. Elle a qualifié la situation jeudi d'«ubuesque».

Sarah Vionnet, 48 ans, actuelle maire (sans étiquette) de Myon, village de 185 habitants à environ 25 km au sud de Besançon, a expliqué avoir pris conscience du problème en remplissant un document qu'elle doit rendre en préfecture et sur lequel elle doit reporter les noms de ses colistiers aux municipales.

«Un peu ubuesque»

Pour respecter l'alternance homme/femme et qu'il n'y ait pas deux noms d'hommes consécutifs, «je suis obligée de commencer par un homme parce que j'ai sept hommes et six femmes dans ma liste», a détaillé la maire. «J'ai trouvé que c'était un peu ubuesque, quand on nous parle de parité...», a déclaré Sarah Vionnet, élue en 2020.

La loi du 21 mai 2025 étend le mode de scrutin de liste paritaire aux communes de moins de 1000 habitants, qui représentent 70% des communes françaises, afin notamment de renforcer la parité. Dans les communes de moins de 1000 habitants, les conseils municipaux ne comptent que 37,6% de femmes.

Mesure symbolique

«Moi, je suis dans un petit village où il y a moins de 200 habitants. On se connaît tous. Les gens savent très bien que je vais vouloir briguer un nouveau mandat de maire», explique l'élue, qui regrette cependant que son nom ne soit «pas affiché comme tête de liste». «Sur le principe, ça me dérange».

Cela ne devrait toutefois pas l'empêcher d'être désignée maire puisque c'est le conseil municipal qui élit le maire lors de sa première réunion après le scrutin municipal. «Concrètement, j'arriverai à briguer la place de maire, ce n'est pas le souci, mais symboliquement, ça ne me convient pas», a expliqué Sarah Vionnet.

«Je pense surtout à toutes les autres femmes qui arrivent et qui ne vont pas pouvoir s'afficher comme tête de liste comme elles en auraient eu envie», ajoute l'élue qui a alerté de ce problème le sénateur centriste du Doubs, Jean-François Longeot.

Articles les plus lus