Le parquet de Paris a requis un procès contre le rappeur Booba, en guerre contre les influenceurs, pour cyberharcèlement, a appris lundi l'AFP de sources proches du dossier.
Booba, de son vrai nom Elie Yaffa, monument du rap depuis les années 1990 en France, s'est lancé en 2022 dans une croisade contre les influenceurs, qu'il a renommés les «influvoleurs», et leurs pratiques commerciales qu'il présente comme trompeuses.
Avec l'appui de ses «pirates», une importante communauté numérique relayant les publications du rappeur ou trollant les personnes ciblées par Booba, le rappeur lançait des «malédictions».
Magali Berdah concernée
Dans son viseur, notamment: Magali Berdah, fondatrice de l'agence d'influenceurs Shauna Events, qui a vu sa carrière d'agente de stars de l'influence mise à mal. «Booba a voulu me mettre à terre et me rendre infréquentable», a réagi lundi Magali Berdah, contactée par l'AFP. «J'ai énormément souffert de cet harcèlement inhumain... Mais j'ai tenu, et je me sens aujourd'hui comme une guerrière et j'irai jusqu'au bout, grâce à la justice, afin que ça ne se reproduise plus jamais».
«Nous attendons désormais qu'une ordonnance soit rendue rapidement afin qu'un procès puisse se tenir dans les meilleurs délais», ont abondé ses avocats, Mes Antonin Gravelin-Rodriguez, Rachel-Flore Pardo et David-Olivier Kaminski.
Outre son propre cyberharcèlement, Magali Berdah impute à Booba un lourd préjudice causé à Shauna Events, société spécialisée dans les influenceurs, qu'elle a fondée. Elle accuse le rappeur d'avoir cyberharcelé et menacé les marques qui travaillaient avec elle, afin qu'elles rompent leur collaboration. Et vient de faire saisir par le tribunal judiciaire de Paris près de 40 millions d'euros à «titre conservatoire» sur les droits d'auteur et comptes bancaires de Booba.