Oleksandra Oliynykova a disputé lundi son tout premier match en Grand Chelem à l’Open d’Australie. Battue au premier tour par la tenante du titre Madison Keys 7-6, 6-1, l’Ukrainienne n’en a pas moins marqué les esprits.
Lors de la conférence de presse d’après-match, elle apparaît avec un message fort inscrit sur son t-shirt: «J’ai besoin de votre aide pour protéger les femmes et les enfants ukrainiens, mais je ne peux pas en parler ici». En dehors des courts, Oleksandra Oliynykova mène en effet un combat intense pour son pays.
Elle est ambassadrice d’une unité de drones chargée de détruire des cibles en Russie et participe activement à une collecte de fonds qui doit atteindre 20 millions d’euros. «Je donne moi-même de l’argent en fonction de mes revenus», explique-t-elle.
Critique contre Aryna Sabalenka
Dans son engagement pour l’Ukraine, Oleksandra Oliynykova n’hésite pas à s’attaquer aux plus grandes stars. Elle critique ouvertement la numéro un mondiale Aryna Sabalenka: «Son comportement brutal a choqué beaucoup de monde. Malgré cela, la Biélorusse continue de faire comme si elle ne savait rien de la guerre en Ukraine. Elle ne comprend même pas pourquoi les joueuses ukrainiennes refusent de lui serrer la main».
Elle reproche également à Aryna Sabalenka d’avoir signé des appels du président biélorusse Alexandre Loukachenko. Oleksandra Oliynykova vise aussi les Russes Diana Shnaider et Mirra Andreeva, décorées par le président Vladimir Poutine.
Son père combat au front
Pendant qu’Oleksandra Oliynykova prend position publiquement, son père se bat sur le front. Elle voyage donc seule sur le circuit, mais insiste sur leur lien très fort. «Nous sommes une équipe», affirme-t-elle. Après sa défaite contre Madison Keys, il lui a immédiatement écrit. «Je suis tellement fière de lui. C’est mon plus grand fan et c’est ce qui me motive le plus. Il a toujours rêvé de me voir jouer sur ce court. Je vais tout faire pour le rendre encore plus fier».
C’est aussi à cause de son père que la joueuse avait quitté l’Ukraine en 2011 pour s’installer en Croatie. Il s’était alors opposé au président prorusse Viktor Ianoukovitch et avait rencontré de graves difficultés. «Nous étions des réfugiés politiques, mais je ne me suis jamais sentie croate», raconte-t-elle.
L’an dernier, Oleksandra Oliynykova est retournée vivre à Kiev. Elle y vit actuellement «sans eau, sans électricité et sans chauffage», se douchant au club de tennis. La nuit précédant son départ pour Melbourne, une fusée est tombée tout près de chez elle. «J’étais à la maison, tout l’appartement a tremblé», se souvient-elle.
Malgré tout, son message reste clair: «Nous voyons notre avenir en Ukraine et voulons faire quelque chose pour le sport ukrainien à l’avenir».