Par Grégory Beaud
L'issue de la finale ne va pas changer Julien Sprunger, l'homme

Ce jeudi, Julien Sprunger va mettre un terme à sa carrière lors de l'acte VII de la finale face à Davos. Peu importe le résultat, le capitaine de Fribourg Gottéron reste un tout grand, comme le salue notre journaliste.
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Julien Sprunger va tirer sa révérence ce jeudi à Davos.
Photo: Pius Koller
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Grégory BeaudJournaliste Blick

S'il est un joueur que je peux prétendre avoir «pratiqué» avec une certaine assiduité depuis mes débuts dans ce métier en 2005, c'est bien Julien Sprunger. Forcément, des joueurs avec une telle longévité ne sont pas légion. Et des hommes autant agréables à côtoyer ne courent pas les rues.

Car non seulement, le No 86 des Dragons a longtemps été l'un des meilleurs attaquants suisses en activité, mais il a aussi (et surtout) été un ambassadeur formidable pour son sport, pour son club et pour son canton. On regrettera évidemment sa fin de carrière internationale bien trop prématurée.

On peut la regretter sans la lui reprocher, car Julien Sprunger a toujours été respectable et respecté aux quatre coins de la Suisse. Cela n'a pas toujours été le cas, notamment dans certaines patinoires. Mais plus les années passent et plus je sens que l'opinion publique a évolué. Sa fidélité à un maillot tout au long de sa carrière malgré des offres plus lucratives et sportivement plus intéressantes force le respect.

Voilà pour la face émergée du joueur. Et puis il y a tout le reste. Une sympathie permanente avec tout le monde: des bénévoles aux fans en passant par les coéquipiers, les adversaires et les journalistes. Bref, un joueur avec qui l'on voulait parler à la fin de chaque match tant ses avis étaient toujours pertinents et, surtout, tant il jouait le jeu avec nous.

C'est avec lui que j'ai peut-être fait l'un des sujets dont je suis le plus fier depuis le début de ma carrière: cette interview croisée entre lui et Andrei Bykov. Je n'ai eu qu'à trouver un photographe, ne pas oublier d'allumer mon dictaphone et laisser les deux potes discuter naturellement.

D'expérience, je peux vous garantir que Julien Sprunger n'est évidemment pas unique, mais qu'il fait partie d'une catégorie bien à part dans ce milieu. Celui des grands hommes. Et mardi soir, lorsque je l'ai vu tirer sa révérence dans une BCF Arena totalement acquise à sa cause, je me suis dit que le hockey suisse était en train de perdre un monument.

Reste à savoir s'il terminera son épopée par un titre ou une défaite en finale. Mais j'en viens à me poser une question bête au matin d'une Finalissima. Est-ce que cela changerait vraiment quoi que ce soit à l'homme qu'il est? Il ne deviendrait pas une meilleure personne si Fribourg Gottéron venait à gagner ce soir.

Il aurait juste mis un point d'exclamation final au dernier chapitre de sa carrière exemplaire. À l'inverse, l'histoire n'en serait pas inachevée. Elle se terminerait juste différemment. On aurait juste imaginé une fin plus «facile» et parfaite pour le personnage principal auquel on s'est attaché tout au long des pages. Cela ne ferait pas de ce livre une œuvre inachevée pour autant.

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