Une formule pas «Optimum»
Avec sa nouvelle classe affaires «sans enfants», la SNCF fait scandale

La nouvelle classe affaires «Optimum» de la SNCF, interdite aux enfants, fait polémique. L'entreprise publique a finalement reconnu une «formule marketing maladroite».
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Refuser les enfants dans les trains? La SNCF est empêtrée dans une polémique en France.
Photo: AFP
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ATS Agence télégraphique suisse

Refuser les enfants dans les trains? la SNCF a dû se défendre jeudi d'exclure les jeunes voyageurs de ses trains après un vif débat au sujet de sa nouvelle classe affaires Optimum «sans enfants».

La polémique est partie du compte Instagram du podcast «Les adultes de demain» dédié à l'enfance, qui a relevé dans une communication de la SNCF l'exclusion des enfants de cette classe premium lancée le 8 janvier sur toutes ses liaisons à grande vitesse, en remplacement de la Business Première.

«Pour garantir un maximum de confort à bord de l'espace dédié, les enfants ne sont pas acceptés», écrivait SNCF Voyageurs dans un document publicitaire relayé par ce compte Instagram.

La SNCF tente de se justifier

«Une ligne rouge a été franchie. (...) La première entreprise publique de transport français cède à son tour au 'no kid' (pas d'enfants, ndlr)», s'est émue Stéphanie d'Esclaibes, fondatrice du podcast.

Répondant à cette publication, SNCF Voyageurs a assuré que «tous les enfants [étaient] les bienvenus à bord de [ses] trains» mais que la classe «Optimum» était pensée «pour les attentes spécifiques de nos clients professionnels», soulignant que cela n'avait «rien d'une nouveauté», puisque «c'était déjà le cas depuis des années» dans l'offre Business Première.

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Dans un contexte d'ouverture à la concurrence, la compétition entre l'entreprise publique et les nouveaux entrants sur le marché français comme Trenitalia se joue beaucoup sur la captation de la très rentable clientèle d'affaires.

Mais les critiques ont continué à pleuvoir jeudi, en particulier des politiques de tous bords. «Une société qui préfère des espaces sans enfants plutôt que des espaces sans écran est une société malade», a fustigé sur X le député LFI François Ruffin.

«Formule maladroite»

Même constat pour Fabien Roussel (PCF) pour qui interdire des voitures aux enfants «normalise l'inacceptable». «Un service public doit protéger, adapter, pas exclure, discriminer ou invisibiliser», ajoute-t-il, également sur X.

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A l'autre côté du spectre politique, Bruno Retailleau (LR) juge qu'«exclure les enfants, c'est exclure l'avenir», quand l'eurodéputée d'extrême droite Marion Maréchal y voit un «message anti-famille (...) lamentable» dans un moment «où notre pays a tellement besoin d'enfants». 

Sous l'avalanche, la SNCF qui se dit «très attachée» à ce que le train soit un «lieu de vie en commun ouvert à tous», a reconnu une «formule marketing maladroite», qui a été «retirée».

Les places Optimum ne représentent que 8% des places proposées, et seulement du lundi au vendredi, a-t-elle fait valoir. «92% des autres places sont proposées à tous et 100% les weekends», a relevé Gaëlle Babault, directrice offres TGV Inoui, dans une vidéo sur les réseaux sociaux du groupe.

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