Face à l'incertitude Trump
L'or passe la barre historique des 5000 dollars… et ce n'est pas fini!

L'or a franchi la barre des 5000 dollars l'once, dopé par un dollar faible. Le métal jaune devrait poursuivre sa hausse, notamment grâce au climat d'incertitude imposé par Trump.
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L'or dépasse la barre des 5000 dollars, record historique, porté par les incertitudes et la faiblesse du dollar depuis deux ans.
Photo: Shutterstock

L'or, qui a dépassé pour la première fois la barre des 5000 dollars, se maintenait autour des 5080 dollars en fin de matinée. Vers 11h, le métal jaune valait 5083,57 dollars, après avoir atteint un nouveau record, à 5111,07 dollars l'once (31,1 grammes). Il a déjà pris 17% depuis le début de l'année.

L'or prolonge ainsi «sa remontée record alors que la demande de valeurs refuges s'est renforcée dans un contexte d'incertitudes commerciales et géopolitiques», notent les experts de Trading Economics. Ils renvoient aux tensions entre le Canada et les Etats-Unis, alors que le Premier ministre canadien Mark Carney cherche de nouveaux marchés en Asie et en Europe, déclenchant l'ire de Donald Trump. De plus, des risques de blocage des services fédéraux (shutdown) sont apparus, les démocrates s'étant engagés à bloquer un important projet de loi de financement suite à la nouvelle fusillade mortelle de Minneapolis.

De son côté, Mark Haefele, chef des investissements à la Gestion de fortune mondiale d'UBS, estime que «l'or reste un investissement convaincant», ce qui l'incite à le conserver dans son portefeuille mondial. Il s'attend à ce que l'once poursuive sur sa lancée et atteigne 5400 dollars.

Un climat d'incertitude

Les revirements fréquents de l'administration américaine détournent les investisseurs du dollar et des obligations d'Etat, habituellement considérés comme des valeurs refuges concurrentes de l'or. Les investisseurs sont «réticents à abandonner le précieux métal, au cas où Donald Trump se réveillerait avec une nouvelle idée controversée», explique Dan Coatsworth, analyste chez AJ Bell.

Les pressions et critiques du locataire de la Maison Blanche contre la Réserve fédérale (Fed) et son président, Jerome Powell, pour qu'ils abaissent davantage les taux directeurs américains renforcent ces réticences et alimentent la crainte d'une «Fed sous influence», ajoute Stephen Innes, de SPI Asset Management.

Jerome Powell a récemment révélé que le ministère de la Justice avait ouvert une procédure à son encontre, pouvant conduire à des poursuites pénales. Le patron de la banque centrale a dénoncé sans détour une tentative d'intimider l'institution parce qu'elle ne suit pas «les préconisations du président».

L'argent aussi à un record

Mais selon Neil Wilson, de Saxo Markets, «un facteur beaucoup plus important» soutient le cours de l'or ces derniers mois: «la dépréciation des devises et l'augmentation du niveau d'endettement des Etats, qui se traduisent par une soif insatiable d'actifs tangibles», attachés à une valeur concrète.

En d'autres termes, les investisseurs cherchent à sécuriser leur patrimoine en se tournant vers des actifs réels, comme l'or, capables de préserver leur valeur sur le long terme. D'autres métaux précieux suivent l'envolée de l'or ces derniers mois, dont l'argent, qui a plus que doublé en valeur depuis octobre 2025.

Egalement poussé par la demande industrielle dans le solaire et l'électronique, le métal argenté a dépassé pour la première fois les 100 dollars l'once vendredi. Dimanche, il atteignait comme l'or un niveau jamais vu. Il prenait 1,80% vers 23H40 GMT à 104,8265 dollars l'once. Le prix de l'argent s'emballe en pleine euphorie spéculative, porté par «la peur de rater une opportunité», ou «FOMO» en anglais, mais aussi par «des rumeurs de pénurie d'approvisionnement», constate David Morrison, analyste chez Trade Nation.

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