Forte sécheresse en Irak
Une famille sur deux a besoin d'aide alimentaire

Une famille sur deux dans les régions d'Irak affectées par la sécheresse a besoin d'aide alimentaire, a indiqué jeudi le conseil norvégien pour les réfugiés (NRC). Sa nouvelle étude confirme des mouvements de population entrainés par les difficultés climatiques.
Publié: 16.12.2021 à 06:32 heures
Selon le sondage de NRC, 37% des fermiers cultivant du blé et 30% de ceux qui plantent de l'orge ont connu une chute de leurs récoltes d'au moins 90% (archives).

En Irak, «le changement climatique représente une menace grandissante», souligne l'ONG qui évoque «la sécheresse, les températures en hausse et les précipitations en baisse ces dernières années».

Pour son étude, le NRC a interrogé 2806 foyers dans sept provinces, notamment al-Anbar (ouest), Bassorah (sud) et Ninive (nord), traditionnellement considérée comme le grenier à blé de l'Irak, mais frappée de plein fouet par la crise.

«Une famille sur deux dans les régions affectées par la sécheresse a besoin d'une aide alimentaire, tandis qu'une sur cinq n'a pas suffisamment à manger pour tout le monde», souligne l'ONG.

Selon l'étude, «45% des 15-24 ans ont quitté leur communauté agricole pour trouver un travail en ville, tandis que 38% ont perdu un emploi».

Chute des récoltes allant jusqu'à 90%

L'eau est une ressource cruciale pour l'Irak, pays de 40 millions d'habitants, extrêmement riche en hydrocarbures, mais qui souffre également de la baisse du niveau de ses deux fleuves, le Tigre et Euphrate, à cause des barrages construits en amont en Turquie et en Iran voisins.

Selon le nouveau sondage de NRC, 37% des fermiers cultivant du blé et 30% de ceux qui plantent de l'orge ont connu une chute de leurs récoltes d'au moins 90%. En outre, 37% des foyers interrogés «ont perdu du bétail, des moutons ou des chèvres ces six derniers mois, principalement à cause du manque d'eau ou de fourrage, ou des maladies».

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La Banque mondiale avait récemment tiré la sonnette d'alarme, assurant qu'avec une hausse de température d'un degré Celsius seulement et une baisse des précipitations de 10%, l'Irak pourrait connaître une chute de 20% de ses ressources en eau douce d'ici à 2050.

«Les perspectives pour 2022 sont inquiétantes, avec la persistance des pénuries d'eau et les conditions de sécheresse qui vont probablement dévaster la prochaine saison agricole», met en garde NRC.

(ATS)

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