Le taux d'absentéisme des salariés du secteur privé a fortement augmenté depuis la crise du Covid, particulièrement chez les cadres, avec des arrêts plus longs et souvent liés à la santé mentale, montre une étude de Malakoff Humanis publiée mardi. Cette étude s'appuie à la fois sur un baromètre réalisé par l'Ifop pour ce poids lourd de la complémentaire santé via un panel représentatif de 3000 salariés, sur l'analyse des arrêts déclarés par ses 3,8 millions de clients et celle du suivi médical de 300'000 arrêts longs.
Avec une augmentation de 25,5% du taux d'absentéisme global dans le privé entre 2019 et 2025 pour atteindre de 4,3%, «les niveaux pré-Covid, (...) sont durablement derrière nous», souligne l'étude. «La rupture intervenue en 2020 n'a pas été suivie d'un retour à la normale», au contraire, «la norme s'est établie plus haut», pointe-t-elle.
Les jeunes touchés aussi
S'il reste près de deux fois plus bas que celui des non-cadres, le taux d'absentéisme des cadres augmente plus vite: entre 2019 et 2025, il a grimpé de 35,2%. Une hausse tirée par l'augmentation de la durée des arrêts maladie des cadres, qui atteint 20,2 jours en moyenne. Chez les salariés seniors, les arrêts s'allongent également «sous l'effet du vieillissement de la population active». Devant les troubles musculosquelettiques et la traumatologie, les pathologies liées à la santé mentale constituent le premier motif d'arrêt long (plus de 30 jours), selon l'étude.
Chez les jeunes salariés, les auteurs constatent une tendance au «polyabsentéisme», notant qu'une plus forte proportion des moins de 30 ans s'arrête au moins trois fois dans l'année que dans toutes les autres tranches d'âge. Des arrêts multiples qui sont le symptôme, estiment-ils, «d'un rapport au travail qui se construit sur des bases fragilisées».
L'étude de Malakoff Humanis souligne un paradoxe: «bien que le niveau de préoccupation des entreprises concernant l'absentéisme n'ait jamais été aussi élevé (63%), plus d'une entreprise sur deux (55%) n'a déployé aucune action pour y faire face». L'organisme appelle notamment à miser sur la prévention et à mieux accompagner le retour au travail des salariés, avec des temps partiels thérapeutiques ou des aménagements de postes.