Un spécialiste met en garde
Ces deux espèces de serpents venimeux sont recensées en Suisse

Deux espèces de serpents venimeux sont présentes en Suisse. Un spécialiste révèle le détail permettant de les identifier en un coup d'œil.
Publié: 06.07.2023 à 17:56 heures
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Dernière mise à jour: 08.07.2023 à 16:50 heures
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Deux espèces de serpents venimeux sont présentes en Suisse. Ici, la vipère péliade.
Janine Enderli

Le 16 juin dernier, un serpent a mordu une enfant âgée de 8 ans à Balsthal, dans le canton de Soleure. La fillette a dû être transportée à l'hôpital par la Rega, car elle présentait des signes d'envenimation.

Le serpent à l'origine de la morsure faisait partie des deux espèces venimeuses recensées en Suisse: la vipère aspic et la vipère péliade. La première est, avec la couleuvre à collier, l'espèce de serpent la plus connue dans le pays. Elle vit surtout dans les zones rocailleuses, principalement dans les Alpes centrales et occidentales. La seconde, la vipère péliade, occupe des habitats similaires, mais se concentre surtout dans les Alpes orientales, le Tessin et en Valais.

Toutefois, contrairement à la vipère péliade, la vipère aspic vit à plus basse altitude, détaille Andreas Meyer, du Centre de coordination pour la protection des amphibiens et des reptiles de Suisse. C'est ce qui explique les risques de morsures plus élevés, comme celle survenue à Balsthal.

Le détail qui ne trompe jamais

Selon Andreas Meyer, il est pratiquement impossible pour un non-initié d'identifier d'un simple coup d'œil un serpent venimeux. Mais un détail ne trompe jamais: la forme de la pupille. «La vipère péliade et la vipère aspic ont des pupilles verticales ou en fente», assure-t-il. En revanche, chez les serpents non venimeux, comme la couleuvre à collier, les pupilles sont arrondies.

«De loin, cette subtilité est à peine visible et il est parfois difficile de différencier avec exactitude le serpent venimeux, explique Andreas Meyer. C'est pourquoi il faut être prudent lorsque l'on rencontre un serpent et rester suffisamment de distance.» Ce qui est clair, en revanche, c'est qu'un serpent de plus de 90 centimètres de long est très rarement venimeux. Et en effet, les vipères croisées ou aspics ne mesurent qu'entre 50 et 70 centimètres.

Vomissements, troubles de la circulation sanguine, gonflements, rougeurs

Comme pour la plupart des animaux, les serpents ne deviennent dangereux que dans de rares cas. Le risque augmente lorsqu'ils se sentent menacés et ne peuvent pas s'enfuir. S'il y a un contact involontaire, un accident peut alors se produire.

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Le cas échéant, «la personne mordue doit se rendre rapidement à l'hôpital», conseille Andreas Meyer. Il ne faut toutefois pas céder à la panique, mais plutôt garder son calme, car les intoxications n'atteignent généralement leur niveau critique qu'après plusieurs heures.

Les symptômes possibles après une morsure de serpent sont en général assez variés, pouvant parfois aller jusqu'à des vomissements ou des troubles de la circulation sanguine. Mais dans la plupart des cas, seuls des gonflements ou des rougeurs plus ou moins importants sont constatés.

«En règle générale, les patients restent en observation à l'hôpital pendant 24 heures, afin de pouvoir réagir rapidement en cas d'aggravation des symptômes», indique Andreas Meyer.

Les serpents d'eau suisses sont inoffensifs

Selon Andreas Meyer, les morsures de serpents venimeux sont plus rares que les piqûres d'insectes. En 63 ans, un seul cas a eu une issue fatale en Suisse. De plus, la population de vipères péliades et aspics est globalement en recul: «Le nombre moyen d'accidents par morsure semble constant au fil des ans. Mais selon la saison et les régions, il peut y avoir une légère augmentation des morsures.» Enfin, les serpents seraient particulièrement actifs par temps humide et orageux.

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En revanche, la plupart des serpents d'eau recensés dans les lacs suisses sont considérés comme inoffensifs. «Ces serpents, parfois assez grands, sont des couleuvres à collier et des couleuvres cubiques. Elles sont également présentes sur le Plateau et sur les rives de nos lacs», précise Andreas Meyer.

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