Un appel vidéo interne révèle
Roche va supprimer des dizaines d'emplois à Bâle

Roche supprimera 300 à 400 emplois dans son département du développement, comme le révèle une enquête de Blick. Les sites de Bâle et de San Francisco seront les plus touchés. Sans surprise, la nouvelle est accueillie par une grogne au sein de la multinationale.
Publié: 02.07.2021 à 06:01 heures
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Levi Garraway, responsable du développement, a annoncé les licenciements lors d'un appel vidéo interne lundi.
Marc Iseli

C'est une triste nouvelle que Levi Garraway, 52 ans, chef du développement de produits de Roche, annonce ce lundi. «Nous avons pris la décision difficile de réduire les effectifs du département de 5 à 7 % d'ici la fin de l'année», déclare le haut dirigeant de l'entreprise pharmaceutique lors d'un appel vidéo interne que Blick a pu consulter. Dans cette vidéo, le cadre américain ajoute : «Cela équivaut à environ 300 à 400 postes au niveau mondial.»

Levi Garraway, chercheur et oncologue, est un personnage influent de la multinationale pharmaceutique : depuis son fief californien, il gère l'un des plus grands portefeuilles de recherche de médicaments au monde. Roche investit des dizaines de milliards dans la recherche et le développement de nouveaux produits, un chiffre qui va sans cesse s'augmentant.

La direction a cependant décidé de mettre un terme à la croissance du nombre d'employés, qui jusqu'ici a suivi l'augmentation des budgets alloués au développement. Les sites les plus touchés seront ceux de San Francisco et de Bâle, où se trouve plus de la moitié du département.

«Les temps sont difficiles»

Les syndicats n'ont pas encore été informés des intentions de Roche. Jusqu'à présent, le groupe n'a rien communiqué à l'extérieur de l'entreprise. Cependant, le géant pharmaceutique bâlois a confirmé les déclarations de Levy Garraway à Blick. «Nous soutiendrons tous les employés qui pourraient être affectés», déclare la porte-parole Nina Mählitz. «Dès que les plans se concrétiseront, Roche travaillera en étroite collaboration avec les représentants des employés.»

Pour l'heure, personne n'a encore reçu de lettre de licenciement. «Les listes sont en cours d'élaboration», a déclaré un initié au Blick. Notre contact est déstabilisé, comme beaucoup au sein de l'entreprise. Levy Garraway n'ignore pas que le choc est grand. Les réductions d'effectifs feront «beaucoup de bruit», déclarait-il d'ailleurs lors de l'appel vidéo auquel participaient un groupe restreint de responsables du secteur pharmaceutique. «Les temps sont difficiles», dit Levy Garraway. «On ne va pas édulcorer ça.»

Il assure agir «au nom de l'ensemble de l'entreprise». Le CEO du groupe, Severin Schwan, est resté muet sur le sujet. Mais il est impensable qu'une telle décision ait été prise sans qu'il l'ait approuvée.

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Licenciements à partir de novembre

C'est le personnel de bureau qui sera le plus touché par cette réduction de personnel: les chefs de projet et l'administration. Presque une personne sur cinq dans le département de la recherche est potentiellement concerné. «C'est la chose la plus difficile que j'aie eu à faire depuis que j'ai commencé à travailler pour Roche», déclare un cadre qui va devoir procéder aux licenciements.

Roche devrait annoncer au mois d'août qui devra quitter l'entreprise. Ce n'est qu'alors le processus de consultation avec les représentants des employés commencera.Au Royaume-Uni, les collègues concernés seront probablement informés en premier», déclare un responsable des ressources humaines lors de l'appel vidéo. Il évoque la sévérité des lois du travail outre-Manche, raison pour laquelle il est nécessaire d'agir tôt. Les premiers licenciements effectifs sont prévus en novembre, l'opération devrait être parachevée d'ici la fin de l'année.

Ces plans suscitent beaucoup de ressentiment au sein de l'entreprise. Il y a quelques semaines à peine, le CEO devait se justifier devant des employés en colère pour les bonus généreux qu'il avait octroyé aux cadres, tout en ne donnant qu'une prime chiche aux employés au bas de l'échelle. La colère gronde également car cette vague de licenciements est perçue comme ciblant spécifiquement la Suisse. «De nombreux emplois sont actuellement transférés de Bâle vers le Canada. Cela revient moins cher», explique un initié.


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