Références au procès de Nuremberg
Un internaute condamné pour avoir menacé une journaliste

Un homme a été condamné pour avoir menacé une journaliste du média Heidi News. Dans le cadre d'un article sur la pandémie, il a fait plusieurs références au procès de Nuremberg, impliquant que la journaliste méritait d'être jugée et tuée.
Publié: 10.11.2021 à 13:58 heures
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Dernière mise à jour: 10.11.2021 à 14:31 heures

Le Ministère public jurassien a condamné un internaute à une peine pécuniaire de 30 jours amende avec sursis pendant deux ans pour avoir menacé une journaliste. Le syndicat impressum, qui a révélé l'information, a salué mercredi cette condamnation.

En février dernier, cet internaute a publié un commentaire sur les réseaux sociaux menaçant Annick Chevillot, une journaliste à Heidi News, à la suite d'un article sur la pandémie, a souligné impressum. L'internaute faisait allusion au journaliste nazi Julius Streicher pendu en 1946 à Nuremberg «pour avoir endormi le peuple sur les crimes du Troisième Reich».

Un grave sous-entendu

L'auteur de ces propos écrivait que le «Tribunal a conclu qu'un tel soutien médiatique à des crimes de guerre constituait lui-même un crime». Pour la journaliste, il s'agissait d'une menace grave à son encontre, raison pour laquelle elle a déposé une plainte pénale en mars.

Le Ministère public jurassien a jugé par une ordonnance du 3 novembre que ces propos visaient directement la journaliste d'Heidi News «en laissant entendre que son sort devait être équivalent à celui qui fut réservé à Julius Streicher, ce qui a provoqué une vive crainte chez la plaignante».

Propos constitutifs d'une menace

Pour la justice, ces propos étaient constitutifs d'une menace au sens de l'article 180 du Code pénal. Cet article stipule que celui qui, par une menace grave, aura alarmé ou effrayé une personne sera, sur plainte, puni d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire.

«Je suis soulagée que cette personne soit condamnée», a déclaré à Keystone-ATS Annick Chevillot. «Il est important pour les journalistes de déposer plainte lors de menaces ou d'injures», a-t-elle ajouté en relevant l'importance «de condamner de tels agissements».

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Satisfaction également du côté du syndicat impressum. «Nous sommes satisfaits que ces délits ne restent pas impunis», a déclaré Dominique Diserens, secrétaire centrale. «Mais nous sommes inquiets face à la montée de l'agressivité à l'égard des journalistes», a-t-elle ajouté.

(ATS)

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