En plaine et en montagne
Le Valais déterminé à obtenir deux concessions de casino

Le Conseil fédéral prévoit d'attribuer une seule concession de casino au Valais dès 2025. Mais le canton en réclame deux, l'une pour une maison de jeu en montagne, l'autre en plaine. Avec une seule concession, il s'estime «lésé».
Publié: 05.02.2023 à 11:41 heures
L'attribution des concessions pour les casinos aiguise les appétits. En Valais, trois candidats sont en lice pour une seule concession envisagée par la Confédération alors que le canton en réclame deux. (Archives).

La Confédération devrait attribuer une seule concession de Casino au Valais dès 2025. Mais le canton s'estime «lésé» et en réclame deux. L'une pour la plaine, l'autre pour la montagne.

«Le casino de Crans-Montana a démontré ces vingt dernières années qu’il était particulièrement rentable pour un casino de montagne. Sur cette base, il est par conséquent légitime qu’il obtienne le renouvellement de sa concession», juge Christophe Darbellay, chef du département valaisan de l'économie et de la formation, contacté par Keystone-ATS.

Mais le canton souhaite aussi un casino en plaine, «là où un potentiel encore non exploité de clientèle est possible», et a plaidé sa cause auprès du Conseil fédéral en mai dernier déjà. «Le Valais est un canton touristique, avec près de 4'260'000 nuitées hôtelières en 2019; par ailleurs, il bénéficie d’une population résidente de plus de 350'000 habitants, en constante augmentation», détaille le conseiller d'Etat.

Dès lors, selon lui, avec une seule concession, le Valais se retrouve lésé en comparaison avec d’autres cantons. Il désigne notamment le «Tessin, avec ses 350'000 habitants et 2'300'000 nuitées hôtelières et qui bénéficie de trois concessions. Ou les Grisons (200'000/ 5'250'000) qui en détiennent deux».

«Un flux important de touristes»

Pour Christophe Darbellay, «un casino supplémentaire en plaine pourrait drainer des flux importants de touristes et de pendulaires, notamment grâce à la proximité immédiate de la France, de la vallée d’Aoste et du Chablais vaudois». Enfin, d'un point de vue économique, «lorsque l’on projette sur 20 ans les seuls revenus fiscaux issus de l’impôt sur les casinos, nous constatons que le manque à gagner pour l’Etat du Valais serait de 116,5 millions de francs et pour la Confédération de 175 millions de francs», poursuit le Bas-Valaisan.

En tout en Valais, trois candidats sont sur les rangs pour décrocher une concession: le groupe Circus Casino France qui exploite actuellement le casino de Crans-Montana, la société Casino du Valais SA et la société Casino des Alpes SA.

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Casino du Valais a abandonné son projet de construire une maison de jeu près du stade de Tourbillon et opté pour la transformation d'un ancien centre commercial sur la place des Potences à Sion, «un lieu facilement accessible par les transports privés et publics», précise le service de presse de la société. Casino du Valais SA est détenue par Kursaal-Casino AG Luzern qui développe le projet en partenariat avec VF Invest AG à Viège.

Quant à la société Casino des Alpes, elle est détenue par Christian Constantin qui porte son projet en partenariat avec le groupe français Barrière. «J'ai prévu de construire le casino à Martigny-Combe, à la sortie de l'autoroute A9, sur un terrain de 15'000 mètres carrés», précise le promoteur immobilier et président du FC Sion.

Le potentiel de la plaine

L'homme avait aussi lancé un projet de casino à Saxon, qu'il a finalement abandonné. «L'étude de rentabilité a démontré un différentiel de chiffre d'affaires sur vingt ans de plus de 100 millions de francs entre les deux projets», explique Christian Constantin, qui rappelle que l'utilité et la viabilité économiques font partie des critères de la Confédération.

Le promoteur valaisan est convaincu du potentiel des casinos de plaine par rapport à ceux de montagne: «Regardez les données publiées chaque année sur le site Internet de la Commission fédérale des maisons de jeu (CFMJ) en matière notamment d'impôts versés au canton et à la Confédération, ils parlent d'eux-mêmes!».

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En 2019 par exemple, avant la crise du Covid, le casino de plaine de Mendrisio a versé 35,4 millions de francs environ à l'impôt sur les maisons de jeu, celui de Neuchâtel plus de 10,4 millions et celui de Locarno 7,8 millions alors que pour les casinos de montagne, celui de Davos a versé 548'000 francs environ, celui de Saint-Moritz 758'000 francs et celui de Crans-Montana 3,6 millions de francs.

Toutes les concessions des maisons de jeu suisses expirent fin 2024 et la décision sur leur attribution devrait tomber en automne 2023. L'Etat du Valais entend «reprendre et compléter son argumentaire» prochainement, «lorsqu'il sera consulté par la Confédération».

Une seule concession pour le Valais, est-ce irrévocable? «Le Conseil fédéral a pris des décisions de principe. ll se réserve toutefois le droit, dans des cas exceptionnels et justifiés, de s'écarter de ces directives lors de l'octroi des concessions, si les conditions du marché le permettent et si les objectifs de la loi sur les jeux d'argent peuvent néanmoins être atteints», répond la CFMJ.

(ATS)

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