Combat hors des tribunaux
La centrale nucléaire de Gösgen malmène à nouveau ses retraités

Les retraités de la centrale nucléaire de Gösgen se sont défendus en justice contre la réduction de leurs allocations de retraite. Les responsables de la centrale ripostent désormais en dehors de la salle d'audience.
Publié: 25.08.2023 à 20:08 heures
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Dernière mise à jour: 26.08.2023 à 11:32 heures
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René Müller (74 ans), Kurt Hagmann (90 ans), Marianne Woodtli (80 ans) et Christian Tännler (79 ans) (de g. à dr.) s'opposent à la réduction de leurs suppléments de retraite.
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Michael Sahli

Un conflit juridique oppose le plus gros fournisseur d'énergie de Suisse à 200 anciens employés aujourd'hui retraités. Blick vous racontait ce combat héroïque début Juillet.

Ces derniers ont en effet attaqué en justice l'entreprise Alpiq – principale actionnaire de la centrale de Gösgen dans laquelle ils travaillaient – suite à la réduction de leurs rentes depuis 2015. Chacun des anciens employés avait vu sa retraite baisser de plusieurs centaines de francs en moins par mois.

Nouveaux rebondissements, il y a quelques mois, les 200 retraités obtenaient leur premier succès! Le tribunal d'Olten-Gösgen leur a en effet donné raison en première instance et a ordonné à la centrale de payer les arriérés.

De quoi piquer au vif l'ancien employeur, qui sort aujourd'hui l'artillerie lourde. Le combat se poursuit désormais hors des tribunaux.

«C'est quand même un peu culotté»

Dernière cible en date: l'excursion organisée par les retraités. Chaque année, l'association des anciens employés de la centrale électrique organise un voyage de groupe. Cette année, celui-ci devait avoir lieu au Rothorn de Brienz. Surprise, Alpiq a récemment envoyé à chacun des 200 anciens salariés une lettre salée. Le groupe industriel menace de faire payer les frais d'excursion aux «retraités impliqués dans la plainte». Ils se montent à 185 francs.

Evidemment, la pilule ne passe pas: «C'est quand même un peu culotté», déclare Kurt Hagmann, l'un des plaignants aujourd'hui âgé de 90 ans. «On ne peut tout de même pas traiter ainsi des employés de longue date, simplement parce qu'ils se battent légalement. Même le juge a estimé que nous sommes dans notre droit!», s'indigne-t-il. 

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Le nonagénaire ne participera pas à l'excursion, puisqu'il fait partie d'une autre association de retraités. Il estime toutefois que le comportement des responsables de la centrale de Gösgen est inacceptable.

Avis que partage également l'association de retraités: «C'est tout sauf juste, cette histoire», regrette un autre membre. De son côté, le responsable de l'association des retraités espère aujourd'hui qu'un accord à l'amiable sera trouvé avec la centrale.

Les responsables de la centrale font marche arrière

Contactés par Blick, les responsables de la centrale avouent ne pas se sentir très à l'aise avec ce coup porté aux retraités. «Cette décision n'était pas opportune. Elle va être revue», lâche du bout des lèvres le service de presse de la centrale nucléaire. Pourtant, la décision de faire payer les retraités aurait déjà été prise en 2021. 

Interrogé sur la suite concrète de cette histoire, le service de presse de Gösgen ne s'avance pas. Mais annonce timidement: «Afin de trouver une solution pour les prochaines années, nous ouvrirons le dialogue avec l'association des retraités.»

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Sur un plan plus juridique, le litige concernant le versement des suppléments de pension est, lui aussi, loin d'être réglé. Après la défaite en première instance, Alpiq a d'ores et déjà annoncé qu'il porterait l'affaire devant la prochaine instance.


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