Bain de foule
Un apéro sous haute surveillance pour le Conseil fédéral

Ce mercredi, les conseillers fédéraux sont allé à la rencontre de la population à Lucerne. Lors de l'apéritif, un important dispositif de sécurité avait été mis en place. L'événement s'est toutefois déroulé sans incident, dans le calme et la bonne humeur.
Publié: 14.10.2021 à 06:07 heures
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Dernière mise à jour: 14.10.2021 à 07:40 heures
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De nombreuses personnes ont souhaité avoir une selfie avec les conseillers fédéraux.
Michael Sahli et Sermîn Faki, Jessica Chautems (adaptation)

Du fromage et du vin, ainsi qu’une présence policière importante, ont été servis lors de l’apéritif en présence des conseillers fédéraux. Hier, ceux-ci se sont montrés très détendus en discutant avec la population au Musée suisse des transports à Lucerne. Tout ce petit monde était accompagné par la douce musique d’un orchestre.

Toutefois les mesures de sécurité étaient strictes: chaque visiteur était minutieusement contrôlé à l’entrée. Dans le hall des avions de collection, lieu de l’événement, de nombreux policiers équipés d’une oreillette déambulaient et vérifiaient aléatoirement l’identité des participants.

Le Conseil fédéral face aux tensions

Tout ce dispositif n’a pas été mis en place sans raison. Ces derniers temps, le Conseil fédéral doit faire face à la désapprobation d’une partie de la population, et même parfois à celle des cantons. La bienveillance que les Suisses manifestent habituellement à l’égard leurs chefs d’État n’est plus de mise en cette période de crise.

Tout le monde est sur les nerfs: la vaccination et le certificat obligatoire divisent. Les yeux sont rivés sur les sept sages qui doivent s’atteler à trouver des solutions pour lutter contre la pandémie depuis 18 mois déjà.

Les forces de sécurité étaient nerveuses

A l’approche de la séance spéciale du Conseil fédéral «extra Muros», les opposants aux mesures avaient appelé à manifester sur la prairie du Lido, devant le Musée suisse des transports. Ils voulaient montrer leur désapprobation en personne, en allant même jusqu’à annoncer de jets d’œufs pourris et de tomates, ce qui ne s’est pas produit. En raison de l’exigence du certificat, les manifestants n’ont pas pu s’approcher de l’apéritif. Ils ont dû se contenter de faire part de leur opinion depuis derrière la clôture du Musée des transports.

Les forces de l’ordre, en uniforme et en civil, étaient néanmoins nerveuses et contrôlaient tout individu qui se comportait de manière suspecte. Les journalistes aussi ont dû se soumettre à ces inspections.

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La pandémie semblait bien loin

Pour les quelque 200 visiteurs à l’intérieur, la présence importante des policiers a fait partie de l’expérience. Outre les personnes âgées, ce sont surtout les familles qui ont fait le déplacement au Musée des transports. Les nombreux enfants présents ont probablement plus apprécié l’action et les voitures de police que les palabres des politiciens.

Les conseillers ont visiblement apprécié le bain de foule. Sans masque, ils ont déambulé pour offrir poignées de main et toasts. La pandémie semblait alors bien loin. Le ministre de la Santé Alain Berset n’a pas cessé d’être interpellé pour faire des selfies, sous le regard sévère de ses gardes du corps.

Pas d’actions perturbatrices

Des conversations approfondies n’étaient toutefois pas possibles dans le contexte de l’apéritif. Toutefois, les mots de remerciement et d’encouragement ont fusé à profusion pour les six conseillers fédéraux présents. Ueli Maurer était absent car il se trouve actuellement à Washington pour un sommet financier.

Si quelques individus ont exprimé leur désaccord avec les mesures prises par le Conseil fédéral, cela ne les a pas empêchés de demander un selfie.

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Ainsi, les actions perturbatrices tant redoutées ont été – presque – absentes. Deux membres du mouvement Mass Voll ont réussi à pénétrer dans l’enceinte, avant d’être prestement évacués par la police.

Une petite mais bruyante minorité

Quand les conseillers fédéraux ont quitté le Musée des transports, les opposants, qui n’étaient alors plus qu’une vingtaine de têtes, scandaient «Liberté» et «Honte».

Ils n’ont pas pu manquer de remarquer le petit groupe. Toutefois, si cette rencontre rapprochée avec la population a confirmé quelque chose, c’est que la majorité des Suisses sont reconnaissants de leur gestion de la crise. Les mécontents ne constituent qu’une bruyante minorité.


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