3600 navires helvètes en mer
La Suisse pèse lourd dans le transport maritime... et la pollution des mers

L'enquête de l'association suisse Public Eye est étonnante. La Suisse pèse bien plus que ce que l'on imagine dans la navigation maritime. Un secteur connu pour beaucoup polluer.
Publié: 25.01.2024 à 20:56 heures
Cargill est le négociant de matière première avec la plus grande flotte. L'entreprise compte 650 navires.
Solène Monney

Même sans accès à la mer ou à l'océan, la Suisse fait partie des grands du secteur maritime mondial. 3600 navires sont exploités par des entreprises du pays, comme le révèle mercredi l'association Public Eye. Étonnamment, ce ne sont pas les armateurs qui comptent la plus grande flotte, mais les négociants en matières premières. Ces derniers contrôlent 2200 pétroliers, vraquiers et porte-conteneurs. 

«Un monde de l'ombre»

En comptant uniquement les navires des armateurs, «la Suisse se classe au huitième rang mondial et au deuxième rang européen des transporteurs maritimes», explique Manuel Abebe, spécialiste en matières premières à Public Eye. Ce n'est pas spécialement une bonne nouvelle pour le climat. Le transport maritime compte parmi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre. Si ce secteur était un pays, il serait au sixième rang des plus grands pollueurs mondiaux.

À la lumière des nouveaux chiffres révélés par l'association, il est difficile d'indiquer la position de la Suisse. «C'est un monde de l'ombre. Il est difficile d'obtenir des chiffres sur la taille exacte des navires», explique l'expert en matières premières. Avant l'enquête de Public Eye, les chiffres avancés par l'administration fédérale ne provenaient pas de statistiques officielles. De plus, ils n'incluaient pas les données sur les entreprises de négoce de matières premières.

Un cadeau fiscal pour ces entreprises?

À l'avenir, les entreprises suisses actives dans le transport maritime pourraient avoir droit à un allègement fiscal. Le Conseil national a accepté un projet de taxation, non plus sur les bénéfices de ces entreprises, mais sur le tonnage des navires. 

L'administration fédérale n'est pas en mesure de chiffrer le manque à gagner pour l'économie suisse. Une aberration pour Public Eye: «C'est le boulot de l'administration.» Manuel Abebe continue en parlant même de «cadeau au secteur des négociants». Un débat se déroulera sur ce projet le 19 février prochain au sein de la Commission de l’économie et des redevances du Conseil des Etats.

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