Un million de fidèles présents à Kinshasa
En RDC, le pape fustige le «colonialisme économique» et mesure sa popularité

Chants, danses, clameurs et banderoles: plus d'un million de personnes, selon les autorités, se sont rassemblées mercredi à Kinshasa pour une messe géante du pape François, au deuxième jour de sa visite en République démocratique du Congo (RDC).
Publié: 01.02.2023 à 14:39 heures
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Une foule immense a afflué pour la messe du pape François sur l'aéroport de Ndolo, dans l'est de Kinshasa.

Beaucoup de fidèles sont arrivés dès mardi soir sur le tarmac de l'aéroport de Ndolo, dans l'est de la capitale, pour passer la nuit sur place avant cette messe en plein air présidée par le pape François. Arrivé en papamobile, le jésuite argentin a salué la foule, qui l'a acclamé dans une ambiance survoltée, sous un grand soleil et un important dispositif de sécurité.

Dans son homélie en italien, traduite en français, le souverain pontife a d'abord souhaité la paix aux fidèles en lingala, une des quatre langues nationales de la RDC. Il les a ensuite invités à «ne pas céder aux divisions» devant les «blessures» du pays.

«Colonialisme économique»

Pour son premier discours mardi dans la capitale du plus grand pays catholique d'Afrique, Jorge Bergoglio a dénoncé le «colonialisme économique» qui «se déchaîne» dans ce pays au sous-sol d'une immense richesse et à la terre fertile, mais dont les deux tiers des quelque 100 millions d'habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

«Cessez d'étouffer l'Afrique: elle n'est pas une mine à exploiter ni une terre à dévaliser», a lancé le pape devant les autorités et le corps diplomatique au palais présidentiel.

Dès son arrivée, il avait été accueilli dans la liesse populaire par des dizaines de milliers de personnes massées le long des grandes avenues de la mégapole de quelque 15 millions d'habitants.

Rencontre avec des victimes

Mercredi après-midi, le chef de l'Église catholique doit rencontrer des victimes de violences dans l'est du pays. François devait initialement se rendre à Goma, dans le Nord-Kivu, province congolaise frontalière du Rwanda en proie à de nombreuses violences et à la résurgence du groupe armé M23 qui a conquis au cours des derniers mois de vastes pans du territoire.

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Mais cette étape, qui figurait dans le voyage prévu en juillet 2022 puis reporté à cause des douleurs au genou du pape de 86 ans, a finalement été supprimée en raison des risques de sécurité, jugés trop importants.

L'est de la RDC compte des dizaines d'autres groupes armés, dont des rebelles islamistes qui prennent pour cible des civils. Mardi, le pape a «encouragé les processus de paix en cours» afin que «les engagements soient tenus».

Environnement et éducation

Il a aussi évoqué l'environnement, l'éducation, les problématiques sociales et sanitaires, des thématiques sur lesquelles il devrait revenir lors de ses prochaines prises de parole.

Mercredi en fin d'après-midi, le pape prononcera son troisième et dernier discours de la journée devant des représentants d'œuvres caritatives. Il s'agit du quarantième voyage international de François depuis son élection en 2013, le cinquième sur le continent africain.

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Après Kinshasa, il rejoindra vendredi Juba, capitale du Soudan du Sud, plus jeune État du monde et parmi les plus pauvres de la planète.

(ATS)

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