La Russie au cœur de l'affaire
L'escalade armée au Soudan représente aussi un danger pour l'Occident

La guerre civile qui fait rage actuellement au Soudan fait les affaires de la Russie qui peut continuer à y renforcer son pouvoir. Se sentant menacé et lésé, l'Occident s'y oppose, tout comme les pays du Golfe.
Publié: 20.04.2023 à 06:12 heures
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Dernière mise à jour: 20.04.2023 à 08:32 heures
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Le Soudan est de nouveau en ébullition. L'armée et les paramilitaires s'affrontent dans la capitale, Khartoum.
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Chiara Schlenz

Les forces armées soudanaises (FAS) et les forces de soutien rapide (FSR) paramilitaires se livrent à des combats sans merci depuis trois jours autour de la capitale du pays, Khartoum. Les affrontements auraient déjà fait plus de 180 morts et 1800 blessés, rapporte l’AFP. Une situation qui n’est pas sans susciter l’inquiétude pour les États environnants, mais aussi pour les forces occidentales et orientales.

Car le Soudan est une mine de ressources naturelles. D’importants gisements de pétrole et d’or ont conféré au pays une importance internationale. La Russie, en particulier, s’intéresse à l’or soudanais. La troupe de mercenaires russes Wagner serait impliquée dans le commerce entre les deux pays.

Wagner et les FSR liés par la même cause

Mais les hommes de Wagner ne sont pas les seuls à être impliqués dans le commerce de l’or. La troupe de mercenaires a établi une relation avec les paramilitaires FSR et leur commandant, le général Mohamed Hamdan Dagalo.

Les hommes des deux groupes agiraient de concert. Ils auraient également été approvisionnés en armes et en munitions de fabrication russe. Le chef des rebelles soudanais a en outre donné son accord pour la construction d’une base militaire russe au bord de la mer Rouge.

C’est un objectif que le chef du Kremlin Vladimir Poutine vise depuis longtemps. Le projet permettrait à la marine russe d’accéder plus facilement à la mer Rouge et à l’océan Indien. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles le chef de l’armée soudanaise et chef d’État de facto Abdel Fattah al-Burhan entretiendrait lui aussi de bons rapports avec le Kremlin.

Les pays du Golfe et l’Occident veulent que la Russie s’en aille

L’emprise de la Russie sur la région n’est pas seulement une épine dans le pied de l’Occident, mais aussi dans celui des États du Golfe environnants. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU) sont certes considérés comme des soutiens des rebelles. Mais il semble que les États du Golfe se moquent de savoir qui est au pouvoir – tant qu’il ne s’agit pas de la Russie.

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Car ces deux pays tentent eux aussi depuis des années d’étendre leur propre pouvoir dans la région, écrit la «Frankfurter Allgemeinde Zeintung». Cela s’explique avant tout par des raisons économiques et financières. Car ces puissances souhaitent également renforcer leur présence autour de la mer Rouge. La présence militaire sans cesse croissante de la Russie dans le pays tombe donc mal.

La Russie: amie ou ennemie au Proche-Orient?

Cela paraît à première vue surprenant. Après tout, les pays du Golfe se sont clairement tournés vers la Russie et la Chine l’année dernière. Dernièrement, les documents qui ont fuité du Pentagone ont prouvé que les EAU sont devenus les principaux partenaires stratégiques du régime de Vladimir Poutine dans toute l’Afrique.

Les EAU ont apparemment aidé à financer les opérations des troupes Wagner en Libye et ont offert à ces dernières des possibilités de mettre sur le marché l’or extrait. Les deux pays – l’Arabie saoudite et les EAU – n’ont en outre pas condamné la guerre en Ukraine.

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