Élu moscovite condamné
Sept ans de prison pour avoir dénoncé l'assaut contre l'Ukraine

Un élu moscovite, Alexeï Gorinov, a été condamné à sept ans de prison vendredi pour avoir dénoncé l'assaut russe contre l'Ukraine. La décision de justice s'inscrit en pleine vague répressive pour faire taire toute critique sur l'offensive décidée par Vladimir Poutine.
Publié: 08.07.2022 à 16:15 heures
Alexeï Gorinov tenait une pancarte proclamant «Je suis contre la guerre» lors d'une audience en juin dernier.

Juriste de formation, M. Gorinov avait été arrêté en avril pour avoir dénoncé le 15 mars la «guerre» et l'"agression» de Moscou contre l’Ukraine, pendant une réunion de son assemblée municipale de quartier. La session était filmée et retransmise sur YouTube, ce qui pour le tribunal constitue des circonstances aggravantes.

«Tous les efforts de la société civile doivent servir à mettre fin à la guerre et à entraîner le retrait des forces russes du territoire ukrainien», avait-il notamment déclaré.

Détention dans une colonie pénitentiaire

La juge Olessia Mendeleïeva a reconnu l’opposant de 60 ans coupable d’avoir «disséminé des informations clairement mensongères» sur l’armée russe. Elle lui a reproché d’avoir usé de «ses fonctions officielles» dans le cadre d’un groupe organisé motivé par la «haine politique».

«Le redressement de l’accusé est impossible sans peine de privation de liberté», a estimé la magistrate avant de le condamner à sept ans de détention dans une colonie pénitentiaire.

Avant qu’elle ne prononce cette peine, le public du procès a applaudi le prévenu. Les soutiens d’Alexeï Gorinov ont alors été expulsés de la salle.

Premier opposant condamné

M. Gorinov est le premier opposant, un élu qui plus est, à écoper d’une peine de prison ferme pour ses prises de position contre l’intervention russe en Ukraine. D’autres militants attendent actuellement en détention leur procès.

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Une autre députée municipale, Elena Kotenotchkina, est accusée des mêmes faits. Elle n’est cependant pas jugée car elle a fui la Russie, comme de nombreux militants d’opposition.

Liberté d’expression mise à mal

M. Gorinov va faire appel de sa condamnation, selon son avocate, Katerina Tertoukhina, jugeant qu’il avait été puni pour «ses mots, ses opinions, ses convictions». Elle a ajouté que son client avait déclaré: «Ils m’ont volé mon printemps, mon été. Ils m’ont pris sept années de ma vie».

La Russie, qui est déjà engagée depuis de longues années dans une répression des voix critiques du Kremlin, a considérablement durci son arsenal pénal pour faire taire ou punir ceux qui dénoncent le pouvoir russe.

Depuis le 24 février, date de l’entrée des forces russes en Ukraine, les autorités ont introduit une série de lois pour punir de lourdes peines ceux qui réprouvent publiquement cette attaque. Celles-ci bannissent au passage l’emploi des mots «guerre» et «invasion».

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Nouvelle série de lois

Cette semaine, le Parlement a adopté une série de textes prévoyant de lourdes peines de prison au langage très vague pour réprimer les appels à agir contre sa sécurité ou encore la coopération «confidentielle» avec des étrangers.

Depuis février, la Russie a aussi bloqué sur son territoire de nombreux médias russes et étrangers. Ces mesures concernent également certains des plus grands réseaux sociaux, comme Twitter, Facebook et Instagram.

(ATS)

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