Déploiement militaire russe
Joe Biden dénonce le «début d'une invasion» en Ukraine

Joe Biden a qualifié mardi de «début d'invasion» l'ordre par Vladimir Poutine de déployer des troupes russes dans deux zones séparatistes d'Ukraine. Il a dévoilé une série de sanctions financières en guise de riposte.
Publié: 22.02.2022 à 23:41 heures
Joe Biden s'est exprimé depuis la Maison Blanche après que le Parlement russe a approuvé le déploiement de soldats à l'étranger.

Après une première réaction prudente quelques heures après le discours de Vladimir Poutine lundi, Washington hausse le ton. «C'est le début d'une invasion», a tonné Joe Biden lors d'une allocution à la Maison Blanche. Vladimir Poutine est «en train d'élaborer des justifications pour aller beaucoup plus loin», a-t-il averti.

En matière de riposte, les États-Unis vont immédiatement imposer une «première tranche» de sanctions qui doivent couper la Russie des financements occidentaux, a annoncé le président. «Nous mettons en place de vastes sanctions sur la dette souveraine russe», a-t-il signalé.

Le président a aussi décidé de sanctionner les élites russes et leurs familles. «Ils partagent les gains illicites des politiques du Kremlin et devraient également partager la douleur», a-t-il dénoncé.

De première sanctions limitées

Via un décret, le dirigeant avait déjà interdit lundi soir tout nouvel investissement, échange, ou financement par des personnes américaines à destination, en provenance ou à l'intérieur des régions prorusses de Donetsk et Lougansk. Mais ces régions avaient déjà des relations extrêmement limitées avec les États-Unis.

Comme pour balayer préventivement toute accusation d'une réaction trop timorée, sa porte-parole Jen Psaki avait tenu à souligner dès lundi que les sanctions sur ce dossier s'ajouteraient aux mesures économiques «rapides et sévères» préparées par Washington et ses alliés en cas d'invasion.

Les États-Unis ont par exemple déjà menacé de couper l'accès des banques russes aux transactions en dollars, et d'interdire la vente à la Russie de technologie américaine. Joe Biden est sous pression de la classe politique américaine pour répondre avec fermeté.

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Antony Blinken n'ira pas à Genève

En plus de ces sanctions prononcées par le président des États-Unis, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a annoncé mardi qu'il ne rencontrerait pas comme prévu son homologue russe Sergueï Lavrov jeudi à Genève.

«Maintenant que nous voyons que l'invasion a commencé et que la Russie a clairement rejeté toute diplomatie, cela ne fait aucun sens de se rencontrer à ce stade», a déclaré Antony Bliken au cours d'une conférence de presse commune avec le ministre ukrainien des affaires étrangères Dmytro Kuleba.

Un appel à «détruire le rouble»

Qualifiant les manoeuvres de Moscou de «déclaration de guerre» - un pas que la Maison Blanche n'a pas franchi - l'influent sénateur républicain Lindsey Graham a de son côté appelé les États-Unis à «détruire le rouble», la monnaie russe, et «écraser le secteur pétrolier et gazier russe».

Mais le président américain a plaidé qu'il était «encore temps d'éviter le scénario du pire qui infligera d'énormes souffrances à des millions de personnes», rappelant que les États-Unis n'abandonnent pas l'espoir de trouver une issue diplomatique.

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«Nous allons juger la Russie sur ses actions, pas sur ses paroles. Et quoi que la Russie fasse ensuite, nous sommes prêts à répondre avec unité, clarté et conviction. J'espère que la voie diplomatique restera ouverte», a-t-il encore dit.

Une alliance outre-atlantique contre la Russie

Souvent accusés de faire cavalier seul sur les dossiers internationaux, les Etats-Unis ont promis de travailler «étroitement» avec leurs partenaires européens sur ce dossier. Joe Biden a d'ailleurs autorisé le redéploiement de troupes américaines dans les pays baltes, en Estonie, Lettonie et Lituanie.

Soucieux d'afficher son soutien à Kiev alors que les tensions sont à leur comble, Joe Biden a aussi rencontré le chef de la diplomatie ukrainienne pour lui «réaffirmer» son soutien.

Les États-Unis ont aussi tenu à saluer les sanctions prises outre-atlantique contre Moscou et tout particulièrement la suspension par Berlin de l'autorisation du gazoduc controversé Nord Stream 2, que Washington avait toujours dénoncé. Joe Biden a dit mardi avoir «travaillé avec l'Allemagne pour (s')assurer que Nord Stream 2 n'avancera pas, comme (il l'a) promis».

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(ATS)

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